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 A sa botte ft. Terry

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MessageSujet: A sa botte ft. Terry Sam 29 Nov - 13:51

Tout n'est qu'un jeu
Amer et cynique



De la chambre luxueuse s'élevaient des soupirs, des râles rauques, plus ou moins discrets dans le froissement des draps. Les mains, les désirs du Fable étaient loi, au moins pendant ces quelques instants.
Sous le sourire alangui, la renarde, elle, le traitait de tous les noms mentalement, mais aucun son ne trahirait jamais ses pensées les plus profondes. Elle était là pour lui. Pendant ces quelques heures payées, cette nuit au prix d'or... Du moins son corps l'était, son esprit lui était parti bien ailleurs, autre lieu, autre époque et Kumiho s'oubliait.
Pas complètement cependant. Pas au point d'oublier les préférences de son client... ces mains et le poids de ce corps qui contraignait le sien à rester couchée, presque soumise même si bien souvent, la maquerelle laissait des draps écharpés. L'homme aimait qu'on lui résiste, puis sentir qu'il avait le dessus.
Le contrôle.
Factice ou presque, parce qu'il fallait aussi une petite dose de sincérité.

Mais surtout il payait, et plutôt bien, même s'il restait discret là-dessus. De toute façon l'argent n'a pas d'odeur.
Pas aussi richissime que Bluebeard, c'était certain, mais il faisait partie des fortunés clients de la renarde, pute de luxe aux accents mystérieux.
Si sa position au sein du Neuf de Pique lui permettait de tâter les plus grosses bourses - ou pas, et de prendre les plus grosses commissions, la kitsune se chargeait également de dompter et satisfaire les désirs les plus dangereux pour ses filles.
Mais ce soir était plus du domaine de la routine, obligatoire et nécessaire... du moins dans une certaine mesure.
La fortune et la discrétion du Fable était indéniable, surement homme d'affaire, partageant son temps entre New-York et l'Orient, même si les quelques pdg mundanes qu'elle satisfaisaient étaient aussi de très bons clients.
Il n'était pas si régulier que cela, mais à chaque fois, c'était pour la nuit entière, obligeant la Renarde à quitter sa tanière. Exigence qu'elle lui faisait payer au prix fort, mais en bonne professionnelle, jamais Kumiho ne se plaindrait.
Tout a un prix, à ce qu'on dit.
Elle aussi.

Un grognement plus fort retentit dans la pièce alors que la tension du corps contre le sien disparaissait, la laissant se redresser un peu, et apercevoir le sourire en coin de son client.
Mimique qui disparut bien vite sous les coups secs frappés à la porte.

Le mécontentement de l'homme trouva son écho dans le petit soupir discret de la renarde.
Elle se foutait des affaires plus que louches dans lesquelles trempaient le Fable, tant que cela lui prodiguait un moment de répit, le temps qu'il revienne.

Avant de s'éclipser pour elle ne savait quoi, le barbu lui arracha un baiser et l'abandonna dans l'immense appartement, tout de même surveillée par un des gorilles de la sécurité, abandonnant l'entretien qui se déroulait entre son client et une certaine ombre à chapeau.

D'un coup d'œil, Kumiho observa le garde du corps et le toisa des pieds à la tête. Nouveau venu, celui-là, ou alors elle ne l'avait croisé que succinctement.
Pauvre type. Obligé de protéger les fesses d'un autre et surement rester de garde toute la nuit...
A l'aise, la kitsune attrapa une bouteille de scotch et deux verres qu'elle posa sur la table en verre soufflé.
Ses prunelles scrutèrent de nouveau l'employé avec un sourire.

"- Vous en voulez ? Ils vont en avoir pour un certain moment.... " Coup d'œil approbateur envers la bouteille.
"Et c'est pas la peine de rester planter là comme un piquet, je ne vais rien voler. "

De toute façon, ça serait vite remplacé après une bonne colère du propriétaire et un scandale dans le bureau de Snow White....



Spoiler:
 


Dernière édition par Kumiho Fox le Ven 2 Jan - 0:08, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: A sa botte ft. Terry Sam 29 Nov - 22:21

Juste un nom sans histoire...








Discrétion.
Tel était le mot d'ordre pour le travail qu'un homme dépassant les deux mètres de haut devait accomplir cette nuit. Debout dans un coin sombre, assis à côté d'une porte dont il distinguait à peine les traits dans l'obscurité ambiante, il s'appliquait à respirer le plus doucement possible, car c'était là tout ce qu'il devait faire, au final.
Son employeur, un homme d'affaire plutôt fortuné à ce qu'il avait entendu dire, était venu le voir à son poste pendant la journée et, après lui avoir parlé en d'éloquents termes, il lui avait proposé un travail. Terry en savait peu sur la ville, et ne connaissait rien de l'homme en question sinon qu'il était très influent, sans savoir pourquoi. Que quelqu'un comme lui s'intéresse à un agent de sécurité anonyme n'avait rien d'anodin, il n'avait pas demandé à la première personne qu'il avait croisé, c'était certain, mais la question restait entière : pourquoi lui ?
Pourquoi, comment, qui ? Telles étaient les questions que le grand gaillard toujours vêtu de noir se posait souvent, partiellement amnésique, il avait oublié la trop grande partie de son passé. Mais le moment n'était pas à se poser ces questions existentielles, elles étaient sur le tapis depuis trop longtemps pour être ravivées devant une telle personnalité. Terry avait donc accepté le travail, et s'était vu présenté les conditions dans lesquelles il devrait être réalisé. Il veillerait toute la nuit, devrait surveiller la porte et SURTOUT, être discret. son employeur ne voulait pas être dérangé pendant « ses affaires », il lui avait ensuite donné des instructions diverses, notamment si quelqu'un toquait à la porte, et s'il devait s'absenter. L'ancien Sasquatch avait noté tout ceci dans un coin de sa tête, avec un fait qu'il garda muet, cette nuit, il n'aurait aucun repos...Le lendemain promettait d'être palpitant.

Il sortît soudain de ses pensées, tiré de ses rêveries rétrospectives par un gémissement légèrement plus perceptible que les précédents. Il avait commencé à s'accoutumer aux bruits ambiants, Terry ne se faisait aucune illusion quant à ce qui se passait hors de son champ de vision – car il s'était volontairement placé à un endroit où il n'aurait pas vue sur les « affaires » de son employeur – ni quant à la durée de cette nuit, s'il avait été demandé de veiller, c'est qu'il n'y aurait aucune relève, donc aucune pause planifiée, ni aucune fin avant l'aube. Regardant les ombres qui s'étendaient sur le sol, il ne distingua cependant qu'une forme floue qui se déplaçait à un rythme plus ou moins régulier. L'homme en noir détourna les yeux, et tenta de trouver quelque chose où accrocher son regard. Toutefois, l'appartement était tellement plus décoré que le sien qu'il était submergé par trop d'informations pour avoir le temps de les détailler, à peine fixait-il quelque chose qu'autre chose attirait son attention, et tout ceci dans l'obscurité qui réduisait son champ de vision. Il ferma donc les yeux, voulut se passer une main sur le visage mais se ravisa, soucieux de ne faire absolument aucun bruit. Il baissa donc la tête, se résignant à laisser le temps passer, car rien ne semblait vouloir troubler la continuité de cette nuit qui promettait d'être longue.

Soudain, il redressa la tête, les sens en alerte, il avait entendu des bruits de pas de l'autre côté de la porte ! Son odorat ne pouvait pas l'aider cependant, surchargé des odeurs de l'appartement se mêlant et troublant l'air ambiant. Il tendit l'oreille, mais rien n'y fît, les bruits de pas semblaient s'être arrêtés, et son employeur semblait avoir choisi ce moment exact pour faire plus de bruit. Serrant les dents et retenant un grognement frustré, il se releva en prenant soin de ne pas faire grincer la chaise sur laquelle il était, ce qui était parfaitement inutile compte tenu de la qualité de cette dernière. À peine eût-il fait un pas qu'un bruit sec brisa l'ambiance torride de l'appartement de l'entrepreneur : quelqu'un frappa à la porte. Terry jeta un coup d’œil par la serrure mais ne reconnût évidemment pas l'homme qui venait de toquer. Un geste discret de ce dernier confirma néanmoins ses intentions, il n'était pas hostile, il faisait partie des « instructions » que Terry avait reçu. Se redressant, il attendit son employeur qui ne tarda pas. Ce dernier, mécontent, regarda son garde qui lui fît un signe convenu de la tête, et lui indiqua la chambre d'un signe agacé. Le grand gaillard compris le message, il devait surveiller la dame. Terry alla donc dans la chambre, synchronisant ses pas à ceux de son patron qui ouvrait déjà la porte, et à peine s'était-il positionné dans ladite salle qu'il vît un regard inquisiteur le scruter. Dans cette chambre, une lumière scintillait, permettant de distinguer avec exactitude tout ce qui s'y trouvait. Terry plongea ses yeux dans le regard de ce qu'il pensait être une fille de joie, et fût déstabilisé par ce qu'il y lût, elle n'avait pas du tout le regard que...Eh bien, qu'il avait imaginé qu'elle aurait ! Le temps qu'il assimile ce fait, il eût l'impression que le temps avait fait un saut, et une voix féminine le tira de ce blocage. Il cilla deux fois avant de comprendre ce qui se passait, elle l'invitait...à boire un coup ?

Le cours de ses pensées en fût littéralement coupée. Pourquoi ? C'est la première question qui lui vînt, mais il ne la posa pas à voix haute. Il tenta de masquer sa surprise par un masque d'impassibilité, mais il était sûr d'avoir tressailli. Il la fixa droit dans les yeux, tandis que sa seconde remarque confirmait ce que Terry se disait : elle paraissait bien plus à l'aise que lui à cet instant. Elle, qui venait de donner son corps pour l'argent à un homme influent et probablement dangereux. Elle, qui devait probablement – Terry le supposait en tout cas, car il n'y oserait pas un regard – être nue comme un ver, alors qu'il était vêtu de pied en cap. Elle, qui semblait si frêle et si douce, alors qu'il était lui-même massif, peut-être trop. Toujours perdu dans un coin de sa tête, à tenter de mettre de l'ordre dans ses pensées, il se vît bouger sans avoir l'impression de contrôler son propre corps. Il s'avança légèrement après avoir d'abord tressailli, puis souri à la remarque de la jeune femme, et prît place sur un siège après un bref coup d’œil vers son supérieur de cette nuit, effectivement, il ne semblait plus pressé du tout, il en aurait pour un moment...Mais comment le savait-elle ?
Parce que ce n'était pas la première fois qu'elle venait, évidemment.
Cette réflexion le tira de sa léthargie mentale, à la vitesse d'une pensée, il cessa de se tourmenter de questions sans réponses, il devait surveiller la femme, et cette dernière l'invitait à boire, quel meilleur moyen de la surveiller que de converser avec ? Du moins, c'est ce qu'il voulût se faire croire à lui-même, car ce regard qui ne le quittait pas le perturbait bien plus qu'il ne l'admettrait jamais.
Mais n'étais-ce pas là l'un des éléments du métier, de perturber les gens ?


-Avec plaisir, mais permettez moi de vous servir. S'entendit-il dire d'une voix dont il avait banni toute hésitation.

Sa voix, s'il l'avait gardé au naturel, aurait plus tremblé que les ailes d'une mouche prise dans une toile d'araignée, et pourtant il avait réussi à paraître assuré, la rime, cependant, n'était absolument pas volontaire. Il prît alors la bouteille et, avec des gestes précis, remplît d'abord le verre de l'invitée de son patron, puis le sien. Il reposa la bouteille sur la table, et, levant les yeux, croisa à nouveau le regard de la jeune femme. Retirant promptement son chapeau – car il est impoli de garder la tête couverte face à une femme – il le posa sur le côté et prenant son verre, le leva légèrement en inclinant la tête.

-Santé. Dit-il d'une voix plus faible, car il n'avait pas trouvé de meilleure formule.

Il prît alors une gorgée de son verre, tentant toujours de paraître à l'aise malgré le nœud qui se formait progressivement dans son ventre, il n'avait jamais été doué avec les relations sociales, c'est, entre autres, pour cela qu'il avait choisi ce métier où on parlait peu, et voilà qu'il était assis, face à une femme si peu vêtue, à boire un verre dans le salon de son employeur avec ladite femme.
Il reposa doucement son verre sur la table puis se redressa légèrement, non pour paraître plus imposant, mais pour être sûr de fixer pudiquement les yeux de son interlocutrice. Il se dît que, pour faire la conversation, l'interroger sur son métier n'était pas la meilleure idée possible, mais il ne savait rien d'elle, c'est alors qu'il s'entendit dire...


-Comment allez vous ?

C'était sorti, comme ça, le mauvais réflexe au pire des moments. Se retenant de se frapper le front de la main, il ne pût néanmoins s'empêcher de baisser la tête, bon sang, il allait passer pour un parfait imbécile ! « Encore une preuve que les agents de sécurité ne sont pas embauchés pour leur intelligence » dirait-on. Désireux de rattraper cette question stupide, il releva rapidement la tête et reprit sur un ton qu'il voulait égal, mais rien ne lui vint. Il bloqua donc sa respiration quelques instants, en attente d'un déclic de sa conscience qui lui soufflerait quoi faire. Lorsque ceci lui parvint, il dît :

-Je suis Terry, Terry Johnson...Aurai-je l'audace de vous demander votre nom, madame... ?

Il pencha légèrement la tête sur le côté, gardant toujours son regard fixé dans celui de son interlocutrice. Il prit une posture plus confortable, mais toujours professionnelle, même s'il était sûr que cette femme ne tenterait ni de fuir, ni de voler quoi que ce soit, il émanait d'elle quelque chose de...doucereux.
Comme une rose qui dissimule ses épines... Conclut-il mentalement.
Spoiler:
 


Dernière édition par Terry Johnson le Jeu 8 Jan - 23:00, édité 2 fois
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MessageSujet: Re: A sa botte ft. Terry Lun 1 Déc - 1:27


Juste vêtue d'une chemise impeccablement immaculée de son client qui lui couvrait tout juste les fesses,  Kumiho se déplaçait dans l'appartement comme si elle le connaissait sur le bout des doigts.
C'était en partie vraie, mais elle savait l'homme mystérieux et les Fable d'Orient étaient des spécialises de la dissimulation. C'était devenue presque un jeu de débusquer ses secrets, la curiosité rongeant sa colonne vertébrale chaque fois qu'elle mettait les pieds ici.
Mais là, la renarde évoluait sous les prunelles du garde du corps, qui ne semblait pas vouloir la lâcher du regard.
Des yeux bien candides et une attitude qui fit sourire légèrement la maquerelle, alors qu'elle hochait la tête à sa proposition. Galant avec ça, la kitsune n'allait certainement pas dire non.
Elle s'enfonça dans le fauteuil, ne se gêna pas pour y poser ses pieds nus, en le scrutant attentivement et tendit son verre qui s'entrechoqua avec celui de son vis-à-vis.

"- A la votre ! " répondit-elle plus fort.

Tous les deux en avaient bien besoin pour tenir toute la nuit, même si pour elle, c'était presque une habitude, véritable oiseau de nuit.
Savourant l'alcool brut, elle laissa un silence étrange s'installer entre eux, visiblement plus inconfortable pour l'homme tout de noir vêtu.
Les sens en alerte, la renarde l'évaluait, mesurait sa nervosité en s'en moquant un peu intérieurement. L'étincelle de surprise ne lui avait pas échappé et distraitement, elle se demandait ce qui avait traversé l'esprit de l'employé.
Ils avaient fait suffisamment de bruit pour qu'il se doute de ce qui se tramait dans la chambre. Alors quoi ?

Un instant, elle se perdit dans l'observation du liquide ambré, avant de relever vivement la tête à sa question, surprise, et laissa échapper un rire fin.

"- Haha ! je travaille. Comme vous. "

C'était maladroit, mais en quelque sorte adorable. Innocent.
Sa façon de s'exprimer aussi, comme trop empruntée.
Le laissant reprendre contenance, elle n'ajouta rien. Pas besoin d'empathie ou du pitié. Surtout pas, ni de la part des gens qui la connaissait, ni d'inconnus. Kumiho savait parfaitement ce qu'elle faisait et pourquoi. Même si certains soirs, il arrivait qu'elle se demande si elle n'avait jamais su faire que cela... Mais pas ce soir. L'homme était loin d'être un idiot. C'était un fourbe, et un fourbe riche.

Je suis Terry, Terry Johnson...Aurai-je l'audace de vous demander votre nom, madame... ?

Sourire de la maquerelle.

"- Enchantée Terry. On m'a donné beaucoup de noms. Faith, Ruby, Kyubi, Erica, Hanae, Charly... Hanja. Oui, Hanja c'est très bien pour un début... pour ma sécurité et pour la vôtre, Terry. "

Si certains pseudonymes étaient la volonté tordues de certains anciens clients et clientes, deux d'entre eux restaient des véritables miroirs sur ce qu'elle était. Hanja n'était pas un mensonge. Juste une traduction.
Mais après tout, son don lui permettait d'être n'importe qui... Malgré leur nature commune de Fable, la kitsune ne pouvait pas se fier à lui. Pas tout de suite.

Sirotant le fond de son verre et lorgnant déjà le reste de la bouteille en verre, elle continua.

"- La discrétion est de mise de votre côté comme du mien, même si nous serons peut-être amenés à nous recroiser si vous continuez à travailler pour Evan. Reprenez-en, vous en aurez besoin."
Du moins, c'était sous ce nom qu'elle le connaissait. Tout deux adultes consentants ou presque et versés dans l'art de la discrétion.

Sans franchement lui demander son avis, la kitsune se pencha pour les resservir.
"- De toute façon, c'est probablement vous qui me raccompagnerez..." Devant l'air toujours un peu perdu de Terry, Kumiho ou plutôt Hanja, soupira un peu énervée. " Il ne vous a pas tout expliqué c'est ça ?... quel incapable. Une fois qu'il l'a décidé, vous devez me reconduire à l'extérieur. Par la porte de derrière évidemment, il ne s'agirait pas qu'un Fable vivant ici tombe sur moi sortant des appartements d'Evan, surtout pas Snow White ou Bigby Wolf. "

Ensuite, à lui de décider jusqu'où il l'a conduirait, mais la renarde était une grande fille et trouvait toutes ses précautions bien inutiles. Cela reflétait aussi très bien sa position aux yeux de l'Intendant, mais cela encore.... elle pouvait s'y faire.

Le troisième verre servi, au moins de son côté, la kitsune leva une main en guise d'excuse.

"- Je parle, je parle mais je me doute que vous avez des questions. Allez-y pendant que vous pouvez le faire... Et pas besoin de prendre des gants, je ne suis pas en sucre".

Même si sous forme, la maquerelle faisait office de poids plume face au garde du corps, tout en musculature et en nerfs sous ce grand manteau sombre. Sous une autre forme, et bien... ça aurait été une autre paire de manches.
Mais ce soir, les apparences étaient de mises, et Kumiho avait envie de discuter, au lieu d'attendre patiemment que son client en ait fini avec ses dessous de tables et ses messes basses.
Tout ceci resterait dans la confidence, mais avait-elle besoin de le rappeler ?

Spoiler:
 


Dernière édition par Kumiho Fox le Ven 2 Jan - 0:33, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: A sa botte ft. Terry Lun 1 Déc - 12:22

"- Haha ! je travaille. Comme vous. "

Cette réponse avait eu l'effet d'une gifle mentale pour le garde du corps qui, l'espace d'un instant, pendant la réflexion qu'il avait pris afin de rattraper sa bourde, l'avait simplement séché. Bien que le ton de la réponse ne fût pas froid, et ponctué d'un rire avenant, ce simple rappel du contexte, bien qu'il ne l'avait lui-même pas oublié, rappelait une réalité encore plus terrifiante. Tous les deux, ils étaient là à faire ce pour quoi ils étaient rémunérés, lui à être un ange gardien inutile dans l'ombre d'un homme qui l'aurait probablement surpassé au combat singulier, elle, à être son objet de plaisir. C'était ainsi, défini et définitif, Le blocage mental qui l'avait aidé à poser cette seconde question, soit le nom de la jeune femme, lui avait également profité à l'assimilation de cette vérité brute, tel était leur destin, et celui des deux qui se révélait le plus dur n'était certainement pas celui du grand gaillard tout de sombre vêtu...

Son sourire, à la suite de sa seconde question, renforçait cette idée que Terry s'était déjà fait, cette comparaison qu'il avait établi entre cette femme et une rose, car ce sourire, s'il était charmant, était également indéfinissable. Était-ce un souvenir de convenance ? D'amusement ? D'espièglerie ? Par logique il pouvait rayer ce dernier de la liste des suppositions, cependant, comment agir logiquement lorsqu'on se trouve en face de quelqu'un qui vous arrive à l'épaule et semble pourtant paraître tellement plus grand que vous ? Ses pensées allaient à toute vitesse, ce qui lui permit de capter la réponse de la jeune femme dans toute sa complexité, ainsi que tous les sous-entendus.
Tout d'abord, tenta de capter tous les noms qu'elle lui donnait, un surplus d'informations visant à l'embrouiller ? Ou très simplement une façon de ragoter ? En tout cas, ce qu'il nota avec un froncement de sourcils intérieur, c'est que la jeune femme ne semblait pas disposée à lui donner son véritable nom. Ce qui, après une très courte réflexion, se révélait tout à fait normal. « Discrétion » se souvint-il, il venait de commettre une première entorse à cette règle d'or en donnant son nom, alors qu'elle restait très professionnelle en n'en faisant rien. Très vite, il analysa les prénoms qu'elle lui avait donné, Faith signifiait Foi, il ne le retint pas vraiment, sinon par le paradoxe que cela lui inspirait, comment une femme si apparemment dévergondée pouvait-être être associée à un mot représentant la piété ? Ruby signifiait bien évidemment rubis, et il associa cela à la couleur rouge...Comme la rose. Notant ce détail dans un coin de sa tête, et poursuivant son analyse aussi rapidement que son cerveau permettait aux informations de se classer, il enchaîna sur les pseudonymes suivants. « Kyubi » le fit ciller, c'était étranger, il en aurait mis sa main à couper, mais aucune alarme dans sa tête ne lui permît de définir l'origine ou la signification de ce nom. « Erica » « Hanae » et « Charly » n'avaient aucune signification particulière, c'étaient des prénoms, ni plus ni moins, avait-elle été lasse de tenter de se définir par ces pseudonymes ? Avait-on été las de lui trouver des noms qui la caractérisaient d'une façon ou d'une autre ? Il se retint cette question de franchir ces lèvres, parce qu'il savait qu'il n'obtiendrait aucune réponse.
Ainsi, il devrait l'appeler « Hanja », très bien, il s'y tiendrait, même si Terry doutait que cette femme puisse vraiment s'apparenter à un ange...
Qu'est ce qu'un ange, de toute façon ?


« Pour un début », ceci se grava dans son esprit comme une marque au fer rouge dans la peau d'un esclave. Asservi par ces trois mots, il eût une seconde d'absence, le temps d'appréhender tout ce que ces trois mots pouvaient signifier.
Il n'eût cependant pas le temps d'y attarder sa pensée, car la fin de la phrase l'avait immédiatement sorti de sa torpeur, oui, évidemment, cette notion de sécurité. Elle ne lui faisait pas confiance, pas assez pour donner son nom, c'était évident, et surtout normal. Lui ne craignait pas de donner son nom, car il n'avait ni identité ni histoire, ce n'était qu'un Fable sans autre pouvoir que celui de disparaître dans les ruelles sombres et de frapper très fort. Qui irait se soucier de lui ? Mais cette femme semblait bien plus importante qu'une vulgaire prostituée, rien de moins normal, encore une fois, un employeur comme le sien ne s'offrirait certainement pas les fonds de bars, et son aise trompait une certaine autorité que Terry, le premier contact passé, avait pu discerner à la surface des yeux de son interlocutrice. Mais il y avait encore tant à découvrir, il en était certain...

Il reprît une gorgée alors que la jeune femme reprenait la parole. Ils étaient d'accord sur un point, la discrétion était de mise, leurs métiers l'imposaient. Cette fatalité qu'ils acceptaient chacun pour des raisons différentes. C'était ainsi et pas autrement. De plus, elle confirma ce que Terry n'avait pas eu le temps de creuser plus tôt, effectivement, ce « pour un début » marquait bien la probabilité qu'ils se revoient. Ce Fable l'embaucherait sûrement à nouveau pour ce genre d'affaires « pas très officielles ». Une fois qu'on a quelqu'un à sa botte, on ne le laisse pas s'en retourner dans la nature, et surtout, on ne s'entoure que du strict nécessaire. Terry était quelqu'un sans histoire et sans renom, mais qui convenait parfaitement au travail pour lequel le client d'Hanja l'employait, pourquoi s'embêter d'un autre employé pour faire le même travail ? Cependant, il capta le sous-entendu dans cette tirade, elle aussi, elle était régulièrement amenée à voir ledit client, et probablement pour la même raison qui l'amenait cette nuit...

Sans lui donner le temps de réagir, elle se pencha alors, saisît la bouteille et les resservît tous les deux. Effectivement, il aurait bien besoin d'un remontant pour tenir la nuit s'il devait rester stoïque avec pour seule occupation la contemplation de l'appartement de l'homme d'affaire dans une obscurité partielle. Il filtra un
"Merci" cordial avant de reprendre une courte gorgée de son verre à nouveau rempli.
...Gorgée qui manqua de l'étouffer lorsqu'elle lui apprît qu'il devrait la raccompagner une fois « l'affaire » finie. Se faisant violence pour ne pas avaler de travers et tousser comme un perdu, il regarda Hanja avec un air qui trahissait sa surprise, ce qu'elle ne évidemment pas. Analytique et sur ses gardes, il avait déjà payé pour savoir qu'elle ne ratait rien de ses expressions faciales, et cela le dérangeait, car malgré toute sa bonne volonté et ses tentatives de stoïcisme, il ne parvenait pas totalement à jouer la comédie, il devait être comme un livre pour cette femme, et cela le frustrait profondément, car il n'en était pas ainsi pour lui-même...

Il reposa doucement son verre tandis qu'elle lui expliquait la suite de la soirée, lui annonçant qu'il devrait la raccompagner par une sortie dérobée, Discrétion, évidemment. Il comprenait tout ça, et comprenait également la logique de ce plan. Cependant elle avait raison, son employeur ne lui avait rien dit. Il tiqua imperceptiblement – bien qu'il fût certain que la jeune femme l'avait encore une fois remarqué – au « quel incapable » mais ne dît rien. Une fois sa phrase finie, Terry prît une seconde pour organiser ses idées avant de répondre :


-Je vois...Je comprend, effectivement, monsieur Evan ne m'en avait rien dit, mais j'imagine qu'il me l'aurait annoncé plus tard. Je vous accompagnerai donc, jusqu'à votre domicile si vous le souhaitez, les rues ne sont pas sûres le soir, et j'imagine que Monsieurserait fort désappointé qu'il vous arrive malheur sur le chemin du retour.

Il était, cette fois, parvenu à rester plus professionnel. Il avait payé pour savoir que les rues de Fabletown, et de New York en général, n'étaient pas sûres du tout durant les heures où la Lune dominait la voûte céleste. Un masque sérieux avait regagné son visage tandis qu'il repensait à cette fameuse fois, par une nuit pluvieuse...
Clignant des yeux, il se replongea dans le présent alors que la jeune femme se resservait un verre, décidément, quelle descente ! Par son aise en petite tenue et sa tenue d'alcool, cette femme semblait une dévergondée de première, et pourtant l'agent de sécurité savait qu'il n'en était rien, Hanja était plus qu'une fille de joie, c'était évident...Mais quoi ?
Quoi, qui, comment...Forçant ces questions à se taire, il sourît avec amabilité lorsque la jeune femme fît un signe d'excuse. Sourire qui diminua légèrement lorsqu'elle conclût sa phrase d'un « je ne suis pas en sucre » franc. Ses mots contrastaient avec son apparence, mais certainement pas avec son attitude. Elle se comportait comme un pilier de bar du haut de son mètre soixante – l'estimait Terry –. Parvenant à garder contenance, il tenta alors de trouver des questions auxquelles la jeune femme pourrait répondre, car, jusqu'alors, toutes les questions qu'il aurait eu à lui poser, à n'en pas douter, n'auraient reçu que des réponses évasives sous-entendant son indiscrétion, et il n'aurait rien appris. Il opta donc pour une première question totalement futile, mais qui ne l'avait tout de même pas quittée.


-J'aurais effectivement quelques questions, mais ne vous sentez pas obligée d'y répondre, ce n'est pas un interrogatoire. Dit-il avec un demi-sourire. La première concerne l'un de vos noms...Kyubi je crois. J'ai compris la signification de la plupart de vos noms, mais celui-ci m'échappe, chacun vous définit-un peu, en quelques sortes...Que veut donc dire « Kyubi »?

Il marqua une pause, à la fois pour permettre à la jeune femme de répondre, et éventuellement pour se permettre d'assimiler ladite réponse, mais aussi pour trouver une seconde question non-indiscrète. Le « Pourquoi » était donc prohibé, tout comme le « Comment » ou le « Qui ». Il prît une gorgée de scotch pour se donner une certaine contenance, puis, reposant le verre, recommença à réfléchir à une seconde question qui ne venait pas. Probablement en raison du malaise qu'il éprouvait constamment à entretenir des relations sociales, amplifié par le mystère que représentait la jeune femme. Finalement, il décida de se jeter à l'eau.

-En fait, j'aurais bien des dizaines de questions, et il faudrait un temps fou pour les formuler toutes et y répondre. Vous êtes une intrigue, autant l'admettre, un mystère, alors... Il s'enfonça légèrement dans son siège, et riva sur la femme un regard qu'il voulait à la fois amical et sérieux. Plutôt que de vous poser des questions sans queues ni têtes, j'aimerais simplement apprendre à vous connaître, que pouvez-vous donc me dire de vous, madame?

Il lui rendait, dans les apparences, la main, mais c'était surtout pour s'épargner d'être à nouveau ridicule en cherchant des questions idiotes afin de rester discret. En agissant ainsi, elle lui dirait sur elle ce qu'elle voulait bien lui dire, et il répondrait si elle lui demandait la pareille, car comme il l'avait annoncé précédemment, ce n'était pas un interrogatoire mais une conversation, et comme elle l'avait dit elle-même, ils seraient probablement amenés à se revoir. Il vida son verre et le remplît à nouveau, remplissant celui de son interlocutrice au passage. Posant à nouveau la bouteille, il riva à nouveau ses yeux dans ceux d'Hanja, « les miroirs de l'âme » disait-on. Eh bien, les siens étaient pour l'instant quasiment opaques à Terry, mais il se doutait que ce n'était pas réciproque. Une dernière question, qu'il avait gardé secrète car il n'osait pas vraiment l'admettre, arriva à la surface de sa conscience, question qui ne franchirait jamais ses lèvres et qui s'ajouta au répertoire des « qui suis-je ? Que suis-je ? » Une question existentielle de plus, car on n'était, selon certains, que selon autrui.
Qui était donc Terry selon Hanja ? Comment le percevait-elle, elle qui semblait pouvoir sonder son âme en le perçant de son regard inquisiteur ?


Spoiler:
 


Dernière édition par Terry Johnson le Jeu 8 Jan - 23:36, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: A sa botte ft. Terry Lun 8 Déc - 1:18


Si elle n'était pas télépathe, Kumiho pouvait parfaitement percevoir les questionnements embrouillés auxquels était sujet Terry. Qui ? pourquoi ? comment ? Elle pouvait presque voir les rouages tourner à plein régime dans son cerveau, pour essayer de reprendre pied et surtout la main dans cette conversation des plus anodines.
Seulement en apparences.

Le mystère dont s'entourait la renarde, ses jeux de jambes, n'étaient pas forcément voulu, mais les siècles à pratiquer l'exercice avait fait de cette impression donnée presque une seconde nature.
Dire que la manœuvre et la déstabilisation étaient innocentes seraient mentir. La kitsune voulait l'évaluer, savoir ce qu'il avait dans le ventre. Et malheureusement pour lui, le garde du corps transpirait une certaine naïveté, qui fascinait et surtout amusait beaucoup la jeune femme.
Et qui mieux que les renards sont attirés par l'amusement ?

Le sourire de la maquerelle s'agrandit, mutin, quand elle vit tiquer à l'insulte non voilée envers leur patron commun. Il allait falloir s'y faire blanc bec.... Kumiho ne se gênait absolument pas pour dire ses quatre vérités à Bluebeard, malgré ses colères monstrueuses. Et sur ce coup, oui l'homme avait été un imbécile, sans aucune considération pour ses employés.
Comme toujours.
Ce n'était pas non plus tant pour rendre service à Terry- il était un grand garçon qui saurait s'adapter - mais la renarde refusait que son petit business soit mis en danger par un idiot pas mis au courant.
Elle prenait des précautions, n'accedant pas à toutes les requêtes du riche intendant, pour ne pas que Bigby sente trop son odeur dans les parages, les rares fois où il fureter dans la forteresse de Bluebeard. Honnêtement, elle se fichait du shérif. Pas des conséquences qu'une mise en lumière aurait sur le Neuf de Pique.

Les derniers mots du garde du corps la firent rire doucement.
"- Il se fiche comme d'un pet de mouche de ma sécurité. Il n'en a pas besoin."
Le ton était clairement insultant, mais pour autant, la kitsune n'aurait jamais voulu qu'il s'en soucie. Son cul l'intéressait seulement, et pour le moment cela leur convenait très bien à tous les deux.
" -  Je connais les rues de New York comme ma poche, mais j'accepte votre offre. Jusqu'à un certain croisement, je ferais le reste à pied facilement... Et ne vous en faites pas pour les dangers nocturnes... " la phrase ne finit pas, mais l'expression de Kumiho voulait tout dire : ELLE ÉTAIT le plus grand danger que les petites frappes pourraient trouver sur leur chemin.
Ce qu'elle n'avoua pas, par contre, c'est qu'elle finissait très souvent les nuits chez son client épuisée. Il lui demandait une concentration exacerbée, et le Fable était exigeant dans ses désirs.

Les minutes suivantes, elle laissa le temps à Terry d'exprimer ce qui trottait furieusement dans son esprit, ne répondant à sa première question que par un silence souriant, et après une autre rasade de scotch qui lui brula la gorge, elle changea de position, clairement indécente.

" - Vous connaissez cette expression mudane qui dit qu'on ne couche pas le premier soir ? On pourrait dire la même chose pour ce qui est de révéler nôtre identité. Ça sera un petit secret entre Fables alors, donnant-donnant ... "
Encore une fois, la renarde s'amusait à le déstabiliser, lui rappelant sa petite indiscrétion, sans pour autant lui en vouloir. La curiosité était parfois bien bonne conseillère.

" - Il me semble que vous possédez un gardien des secrets des Fables bien instruit ici. Bufkin pourrait répondre aisément à votre question. Mais vous êtes sympathique Terry. Un peu trop pour votre propre santé, mais c'est agréable. Plus que ces foutus trolls en tout cas... ils sont muets et se vexent beaucoup trop vite, ça n'en ai même plus amusant, donc je vous répondrais directement. Kyubi n'est que la traduction japonaise de ce que je suis. Hanja n'en est qu'un synonyme indien. Une cousine de Messire Goupil si vous le connaissez. Mais plus... vieille, et plus imposante aussi, même si ça ne se voit pas ! "
Elle ponctua sa réponse d'un geste mimant une masse  considérable et eut un rire amusé.
Le reste... et bien, il n'aurait qu'à le découvrir tout seul.
Chacun son job après tout...

" - J'apprécie le compliment, croyez-moi, mais vous êtes curieux dans votre genre aussi. Ce que je pourrais vous dire, humm... "
Le réflexion n'était pas surjouée, la kitsune réfléchissait réellement. Au vrai du faux, aux conséquences, et ses enjeux. Elle appréciait néanmoins de pouvoir discuter d'autres choses que de pots de vins, de tarifs et de trafics d'influences, ou même de la couleur de la bière...

" - Il me semble que vous êtes arrivés à Fabletown récemment non ? Je n'y ai pas mis les pieds tout de suite non plus, et ne suis pas originaire du pays, comme vous avez pu le deviner. On raconte beaucoup de choses fausses à mon sujet, même dans ma contrée de naissance, les mundanes et leurs histoires... On dit que je serais capable de posséder les gens pour les arnaquer, les tuer. Que je servirais un dieu malfaisant aussi, et que je m'amuserais à perdre les gens.. Parfois, on raconte même que je serais capable d'être un tas de visages en même temps. L'imagination peut aller loin n'est-ce pas ? ... Mais peut-être voulez-vous des éléments de réponse plus actuels?"

Elle avait conscience de n'avoir donner que des miettes, mais après tout, s'il voulait des réponses précises... il suffisait de poser les questions. Pieds nus, elle se leva, contemplant la nuit au travers des baies vitrées luxueuses. Se retourna pour plonger ses prunelles sombres dans celle de son vis-à-vis.  
" Une question, une réponse pour chacun. Cela vous va ? parce que je m'en pose aussi !
... qu'est-ce que l'on raconte sur vous ? Qui ou qu'êtes-vous en réalité Terry ? vous avez déjà été garde du corps ? "


Oui oui, cela faisait plus d'une question. Mais après tout, personne n'avait interdit la tricherie ! Dans l'obscurité, son sourire éclatait.


Dernière édition par Kumiho Fox le Ven 2 Jan - 0:35, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: A sa botte ft. Terry Mar 9 Déc - 5:34

Comment ne pas s'en faire pour les dangers nocturnes ? S'était demandé Terry lorsque l'énigmatique femme avait conclu sa phrase par ce non-dit significatif. Terry avait payé de sa personne pour savoir que les rues de Fabletown, et de New York en général, étaient tout sauf sûres. Des images de son passé défilèrent, une femme agressée dans la rue, un combat, bref mais intense, des armes, un cri, un visage... Le visage de la jeune femme se superposa un instant à celui de son souvenir, et si Terry ne ressentait aucune crainte pour sa propre sécurité, il éprouvait, durant ce bref instant, une angoisse maladive et ce pour deux raisons. La première, d'ordre tout à fait pragmatique et professionnelle, concernait son employeur qui serait fort mécontent qu'il soit arrivé quelque chose à la jeune femme. Car si, comme elle le prétendait, il se fichait de sa sécurité, si elle venait régulièrement comme elle l'avait laissé entendre, alors Evan devait apprécier sa compagnie plus que celles d'autres filles de joie, pour une raison qui était tout à fait évidente sur laquelle le Sasquatch ne s'appesantît pas. Cependant, la seconde raison pour laquelle l'agent de sécurité sentait cette soudaine angoisse, si bien dissimulée sous le flou de ses émotions déjà enchevêtrées, il ne parvenait pas à mettre le doigt dessus, et cela créait une irritation salvatrice qui lui permettait de ne pas laisser – du moins l'espérait-il – transparaître cette sensation fugace. Cependant, le sous-entendu de la jeune femme était clair, et Terry put à nouveau se rendre compte à quel point sa comparaison de son interlocutrice avec une rose était pertinente. Sa beauté était éclatante, son parfum exquis, et ses épines, si bien dissimulées, semblaient être à même de déchiqueter le plus puissant des colosses. L'angoisse disparut aussitôt, mais ne fût guère remplacée par une quelconque peur, il ne parvenait pas à craindre cette femme, en fait, il ne parvenait pas à distinguer ce qu'il ressentait vis-à-vis de cette femme, à part une grande confusion.

Par la suite, elle ne répondît pas à sa première question lorsqu'il marqua sa pause afin d'organiser ses idées, seul ce sourire énigmatique planait, comme le cadenas d'un coffre ornementé, comme le gardien d'une porte décorée, toisant de son regard indescriptible l'aventurier qui se serait risqué à le contempler. Ses yeux comme deux fenêtres à travers lesquelles un univers informe et changeant miroitait, attiraient le regard comme un chasseur piège sa proie. Lorsqu'il eût fini de s'exprimer, la jeune femme s'offrit une autre gorgée changea de position. D'abord poussé par son naturel observateur, Terry replongea rapidement dans les abysses obscurs des yeux de la jeune femme lorsqu'il aperçut la provocante posture de la jeune femme. S'il n'avait pas été aussi tendu sous ce qu'il tenait comme son masque professionnel – qui semblait aussi transparent qu'une vitre face à Hanja – il aurait probablement eu le rouge aux joues, mais là où sa confusion l’empêchait d'être stoïque et provoquait naturellement des tics nerveux qui le trahissaient, au moins l'empêchait-elle aussi de rougir comme un gamin. Cependant, la jeune femme, alliant le geste à la parole, fût fort aise d'utiliser une expression mundane parlant de sexe. Encaissant cependant le coup avec dignité, ou du moins ce qui lui en restait, car il se sentait de plus en plus submergé par des sentiments divers et éparses, formant une masse floue qui l’empêchait de raisonner plausiblement, formant comme un voile entre lui et sa conscience. Était-il envoûté ? Non, une petite voix désagréable lui soufflait qu'il était parfaitement lucide, ou du moins, autant qu'il le pouvait. Surmontant la pique, il hocha doucement la tête et releva les commissures en un léger sourire, affirmant qu'il comprenait, car s'il n'était pas en mesure de réfléchir convenablement, il comprenait, et c'était déjà ça de gagné.

Reprenant la parole, la jeune femme mentionna Bufkin, effectivement, il aurait pu demander à Bufkin, cependant, s'il y aurait probablement songé, il ne l'aurait jamais fait. C'était beaucoup trop impersonnel. De plus, Terry aurait pu éveiller les soupçons s'il s'était avisé de consulter des informations sur cette femme, enfin, elle ne lui avait pas donné son vrai nom, alors à quoi bon. Même s'il aurait pu recouper avec la boule de poils les différents noms pour remonter à la source, il ne le voulait pas, très simplement. Il ne voulait pas ébruiter cette rencontre, et elle le savait sûrement. Discrétion était le mot d'ordre, et rien de qui était dit ici n'en sortirait. Le Sasquatch cilla au compliment, il n'avait pas l'habitude d'en recevoir. Il était toujours là, dans l'ombre de quelqu'un d'autre ou l'ombre d'un mur, à attendre, à ne rien faire, c'était un second couteau, rien de plus, et on ne complimentait pas un second couteau. Le qualifier de « sympathique », si anodin que ça semblât, était en fait quelque chose dont il n'avait pas l'habitude, la jeune femme l'avait encore une fois déstabilisé, sauf que cette fois, elle ne l'avait même pas fait exprès. Cette déstabilisation passa vite cependant, car lorsqu'elle mentionna sa santé, il ne pût s’empêcher de sourire, pas d'arrogance ni de suffisance, car ces deux sentiments l’écœuraient l'un comme l'autre, mais de confiance. Terry n'était rien ni personne, alors qui pourrait tenter d'attenter à sa vie ? Qui serait assez fou et fort à la fois pour lui en vouloir à lui, un agent de sécurité amnésique et effacé ? Son sourire s'accentua et se transforma bientôt en léger rire lorsqu'Hanja mentionna les trolls. Effectivement, ses « collègues » n'étaient pas des tendres, cependant Terry ne les appréciait beaucoup non plus. Il préférait Grimm, qui, même s'il passait son temps à occuper la seule place assise de l'accueil et à ronfler comme un sourd, il avait l'impression de partager quelque chose avec lui...Pas avec les trolls.

Ainsi, Kyubi était un surnom japonais ? Rien d'étonnant à ce que Terry ne l'ait pas reconnu, cette langue l'avait toujours fascinée pour la simple raison qu'elle était parfaitement étrangère. S'il avait gardé des traces inconscientes de son passé, il savait que le japonais n'en avait strictement jamais fait partie. C'était comme de montrer l'océan à un paysan montagnard, ou encore les montagnes à un homme de la ville. C'était inconnu, et donc fascinant, tout simplement. Lorsque la jeune femme eût terminé son explication, la ponctuant d'un geste presque enfantin qui lui allait étrangement bien, Terry eût un déclic. Goupil, n'était-ce pas un autre nom pour « renard » ? Les pièces du puzzle se mirent en place à une vitesse telle que sa pensée semblait tambouriner contre ses tempes, et que le rire qu'il avait laissé poindre suite à la démonstration imagée de son interlocutrice était la seule chose qui l’empêchait d'avoir les yeux exorbités par tant d'informations l'assaillant en même temps. Hanja ne signifiait donc pas « ange », s'il signifiait Kyubi, et que les deux signifiaient Goupil, soit renard, alors se pourrait-il que cette femme fût, comme le shérif, un animal ? Assimilant ce point, ainsi que le sous-entendu du geste enfantin, Terry discerna enfin la qualité des épines de cette rose. S'il n'avait pu jusqu'alors qu'imaginer leur dangerosité sous la majesté des pétales de la fleur, il avait maintenant un aperçu, fort habilement dissimulé, du feu avec lequel il jouait...Et n'en fût pas plus effrayé. En fait, il en fût même ravi, ravi de constater qu'il avait eu raison de croire qu'elle n'était pas simplement une prostitué, ravi d'avoir su deviné qu'elle était particulière, ravi que ce soit quelqu'un d'aussi unique, et non une personne lambda, qui pouvait ainsi lire en lui là où il ne voyait que des pages blanches. Son ego était sauvé, mais au final, rien n'avait changé.

Alors qu'elle réfléchissait aux informations qu'elle se permettrait de divulguer sur elle-même, le Sasquatch termina son verre de Scotch. En buvant alors qu'elle raisonnait, il s’empêchait ainsi de s'étouffer comme précédemment. Voyant qu'elle était toujours plongée dans ses pensées, Terry se resservit un demi verre, et, par politesse, remplit celui de son interlocutrice, certain qu'elle n'y verrait aucun inconvénient. Reposant la bouteille, il se radossa au fond de son siège et replongea son regard dans le sien alors qu'elle reprenait la parole...Et lui donnait des bribes de légendes en guise d'informations. Il réprima un sourire ironique, le ton sur lequel tout ceci avait été dit, cela n'augurait rien de vrai, quoiqu'avec l'énigme qu'était cette jeune femme, mieux valait n'être sûr de rien. Tout ce qu'il avait apprit sur elle était qu'elle était originaire d'une contrée lointaine, et polythéiste. Cependant, alors que cette réflexion tentait de se développer, quelque chose dans le discours de la femme le frappa soudain, comme si le poison d'une flèche s'était soudain mis à se déverser dans son sang. Cette notion de contrôle dont elle avait parlé. Il fît le lien avec la situation actuelle, et une nouvelle question émergea à la surface de sa conscience, était-il contrôlé ? Hypnotisé ? Il s'était déjà fait la réflexion précédemment, et une petite voix lui avait répondu que non, mais après tout, il n'était sûr de rien. Il ne s'était jamais senti aussi troublé, cette jeune femme avait une emprise sur lui qu'il n'arrivait pas à discerner, et encore moins à diminuer. Il avait clairement l'impression d'être plus petit qu'elle, alors qu'il devait en réalité la dépasser de deux bonnes têtes ! Son cœur rata un battement, le contrôle, étais-ce là un sort ? Était-il en train de rêver, ou d'être manipulé ? Son cerveau fonctionna à toute vitesse, décomposant le temps de chaque pensée, mais malgré cette vitesse fulgurante, il n'eût pas le loisir de réfléchir à cette théorie fumeuse, car, tout de suite après la fièvre du doute, le froid d'un remède était venu balayer tout ceci, remède n'étant autre que la question de rhétorique posée par Hanja. Oui, l'imagination pouvait aller très loin, et Terry, en l'espace d'une seconde à peine, venait de le découvrir à ses dépends. Pour que quelque chose nous paraisse réel, il suffisait d'y croire, et pour croire à quelque chose, être persuadé était inutile, craindre quelque chose le rendait beaucoup plus réel qu'être persuadé de son existence. Terry était certain qu'il était parfaitement lucide, et que son désarroi face à Hanja n'avait rien d'un envoûtement, cependant, une petite part de lui craignait qu'il ne se fasse manipuler, une part trop prudente probablement, et il avait failli lui céder du terrain...

La jeune femme se leva alors, détournant son regard de celui de Terry ou de son verre de scotch et se riva vers l'extérieur. La lueur du monde nocturne éclaira son visage tandis que ce dernier était tourné vers les baies vitrées. Terry hésita à se lever ou non, mais il devina qu'elle ne voulait pas l'inciter à se lever, c'était un effet qu'elle souhaitait donner, et se lever aurait tout gâché. Il l'avait compris, et n'esquissa donc pas un geste, même si maintenant, elle le dominait tant par la hauteur que par l'esprit, qu'y pouvait-il de toute façon ? Soudain, son regard se riva à nouveau dans le sien, et alors le temps sembla s'arrêter. Le visage à moitié éclairé par la lueur de l'extérieur, le dominant de quelques dizaines de centimètres en raison du fait qu'il était assis, son regard sombre et indescriptible plongé dans celui du garde du corps, les cheveux descendant le long des épaules et du dos, ce fût comme si cette image se gravait à jamais dans le cerveau de Terry. Une image qu'il n'oublierait probablement jamais, même s'il devait être amnésique à nouveau, car elle s'était ancrée en lui comme une marque au fer rouge. L'effet qu'elle avait voulu créer était un succès, peut-être même plus grand qu'elle ne l'escomptait, car ce ne fût que la règle de bienséance qui empêcha la mâchoire du Sasquatch de tomber ou ses yeux de s'écarquiller. Tentant de garder une contenance, il ne pouvait néanmoins pas cacher cette étincelle qui brillait maintenant dans ses yeux, étincelle à laquelle il n'aurait su donner un nom sur son lit de mort.

Cependant le monde s'assombrît bien vite à nouveau, car Hanja lui posa les questions qu'il redoutait par dessus tout, des questions auxquelles il ne pouvait tout simplement pas répondre, non par volonté, mais simplement parce qu'il ne connaissait pas la réponse. Certes, elle n'avait pas respecté sa propre règle, et son espièglerie parvint toutefois à arracher un sourire au Sasquatch qui replongeait déjà dans les ténèbres de son âme à la recherche de son identité, mais après tout, n'avait-il pas également tenté de contourner les règles en lui demandant ce qu'elle pourrait lui dire sur elle ? Il s'avisa soudain qu'il serait plus sage de répondre, comme elle, à la dérobée. Répondre par une intrigue évasive, comme elle s'échinait à le faire depuis le début, et non par franchise. Cependant, alors que cette idée s'imposait à son esprit comme la solution la plus raisonnable, le sourire désarmant de la jeune femme la balaya comme le vent souffle une feuille. Malgré toute sa volonté, Terry n'était pas capable de mentir à cette femme. Il était peut-être trop naïf, et cela lui jouerait peut-être des tours, mais qu'en avait-il à faire ? Rien, depuis qu'il était à Fabletown, n'avait su allumer cette étincelle qu'il sentait encore briller aux tréfonds de ses ténèbres. Le garde du corps baissa un instant la tête, afin de se préparer à ce qu'il allait faire : se jeter corps et âme dans de nouveaux abysses. Lorsqu'il releva la tête, son regard avait perdu toute expression, il était redevenu lui-même, avait tombé tout masque, elle allait tout savoir de lui alors qu'il ne savait rien d'elle, mais trop en lui s'y résignait malgré lui pour qu'il puisse combattre, il était fait. Prenant une inspiration vacillante, il prononça de trop honnêtes paroles.


-On ne dit rien de moi, car je ne suis personne. Un agent de sécurité parmi tant d'autres, un citoyen, un homme, rien de plus...Quant à ce que je suis...Eh bien, je ne sais pas. Je suis désolé que ce soit si évasif, mais c'est la stricte vérité. Je ne sais pas qui je suis, ni ce que j'ai été. Du peu que ma mémoire m'est restée, j'ai été le Sasquatch, ou « Big Foot ». Qu'est ce que c'est ? Je n'en sais rien, je ne me souviens de rien à part de deux hommes me pointant du bout de leurs armes, un bruit assourdissant, et le néant...

Il en avait dit plus qu'elle n'avait demandé, mais après tout, il avait si peu à dire sur lui-même qu'il était inutile d'être avare. Il reprit une gorgée de scotch afin de garder une voix ferme, et continua sur la dernière question de la jeune femme avec plus d'assurance.

-J'ai plus l'habitude d'être agent de sécurité que garde du corps, cependant, j'ai déjà eu à protéger d'autres personnes de dangers bien réels. Je ne crains pas pour ma vie, alors je protège celle des autres.

Encore une fois, il en avait trop dit, et alors ? Qu'était l'intérêt d'une réponse évasive lorsqu'on avait de toute façon confessé toute sa vie en quelques secondes ? Le regard de Terry reprit de l'assurance, et il désigna Hanja d'un mouvement de la tête, désignant clairement qu'elle aussi, il la protégerait si c'était nécessaire. Et bien qu'elle semblât juger cette protection futile, il s'y tiendrait, jusqu'à ce croisement où elle aurait l'intention de continuer seule, cependant il le savait, son regard la suivrait plus loin que ses pas. Après une telle confession, le Sasquatch reprit un peu de poil de la bête, ses idées s'organisèrent, et il s'avisa qu'il ne tiendrait probablement pas psychologiquement si elle l'interrogeait immédiatement sur ce qu'il avait déjà dit. Dans une ultime tentative pour se gagner le répit nécessaire à la remise en place de ses idées, et de, peut-être, enfin arriver à apprendre quelque chose de son interlocutrice, Terry opta pour une question franche, qui verrait probablement une réponse évasive, mais après tout, qui ne tente rien n'a rien...

-Pourquoi ce métier, Hanja, pourquoi cette vie ?

C'était franc, beaucoup trop, il le savait, et pourtant cette fois son regard ne montrait plus cette timidité qui l'avait caractérisé. S'extérioriser ainsi lui avait donné un sursaut de courage nécessaire pour poser cette question. Il n'avait pas teinté sa voix de pitié, car ç'aurait été une insulte envers la jeune femme. Il était sincèrement curieux de savoir pourquoi une jeune femme avec autant de ressources en était réduite à ça. Elle n'avait rien d'un second couteau, elle avait une identité, et beaucoup de capacités, de quoi vivre une vie heureuse, mais des contraintes devaient l'en prévenir. Et s'il n'espérait pas apprendre quoi que ce soit sur lesdites contraintes, parce que la jeune femme était bien trop secrète et réservée, et également parce que, comme elle l'avait si bien dit, « on ne couche pas le premier soir ». Cependant, il espérait vraiment en apprendre un peu plus que ces bribes de rumeurs qu'elle lui avait offert.
Elle savait presque tout de lui, et il ne savait presque rien d'elle.


Dernière édition par Terry Johnson le Ven 9 Jan - 0:23, édité 2 fois
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MessageSujet: Re: A sa botte ft. Terry Ven 26 Déc - 1:47



Du haut de la suite, ou plutôt du véritable petit duplex de son client, la renarde pouvait contempler les étoiles de New York. Cette myriade de couleurs nocturnes, ces néons témoignant de l'activité intense d'une des plus grandes villes de ce monde.
Quelque part, ça lui rappelait Tokyo, même si elle se plaisait relativement mieux à Nara, l'ancienne capitale de sa contrée d'origine. Ville lumière. Vie souterraine et un instant, son regard se perdit dedans, sans avoir conscience de l'effet envoutant que sa propre silhouette provoquait chez Terry.
Troublante, oui Kumiho l'était, et s'évertuait avec malice à l'être plus encore. Pour que jamais personne ne puisse lui prendre la main. L'approcher réellement ou la menotter comme sa propriété.
Mais la kitsune ne perdait pourtant pas une miette des paroles de son gardien du moment, ni ce que lui dictait la respiration du garde du corps.
Terry lui donnait l'impression de poser un regard d'enfant sur ce monde qu'elle côtoyait depuis quelques siècles déjà. Une innocence qui pouvait le perdre encore plus... ou le sauver.
Comme on ouvre les yeux après un long sommeil, et la comparaison n’était apparemment pas loin de la vérité.
Le regard que Kumiho n'était pas emprunt de pitié.
Au contraire, plutôt attentif et patient à ce qu'il disait.  Un brin troublée quand même... Mais un sourire vague apparut sur ses lèvres.

"- Vous, sans passé, et moi qui en aurait bien assez pour trois, voir quatre personnes. "
Cette réflexion la fit légèrement rire, doucement, mais pas de façon moqueuse. Plutôt acide, pendant une fraction de seconde...
Vivrait-elle mieux si elle avait oublié ?
Aurait-elle fait des choix différents ? Bonne question, à laquelle elle n'avait pas de réponses.
Oui. Parfois, certaines nuits Kumiho avait souhaité oublier. Tout oublier. De ce qui l'avait projeté ici. De ces rêves qui la hantait encore, où la renarde se réveillait dans un cri de douleur muet, fixant ses mains comme si elles étaient encore ensanglantées.
Mais le passé était le passé et on ne revenait pas en arrière.

Sans s'en rendre compte, la jeune femme avait baissé les yeux pendant le récit du Sasquatch, créature étrange dont elle n'avait jamais entendu parler, mais se promit de faire quelques recherches, et la réponse à sa dernière question lui fit relever légèrement la tête. Son regard ne quitta pas complètement la vision nocturne pour autant.  
L'expression de la renarde oscillait entre la douceur et l'intransigeance, comme on réprimande gentiment quelqu'un.

« - Dites-vous bien une chose, Terry... peu importe le prix qu'a votre vie à vos yeux, si vous flanchez, c'est celle de ceux que vous protéger qui sera en danger. Et vous aurez tout perdu, alors restez en vie. Mais bien sur, je ne suis pas agent de sécurité ou garde du corps... " »
Le sourire qui ponctua sa réflexion semblait adoucir les propos un peu rudes, comme pour s'excuser.
Kumiho n'avait pas pu s'en empêcher.
Il fallait dire qu'en matière de protection, la renarde avait une certaine expérience... Un besoin existentiel viscéral, et même s’ils n’avaient pas les mêmes raisons, elle pouvait comprendre cet état de fait.
C'était un simple conseil, qu'elle n'arrivait pas forcément à suivre elle-même !

Pourquoi ce métier, Hanja, pourquoi cette vie ?

Ses lèvres s'entrouvrirent, cherchant ses mots quand la question de Terry fusa dans la pièce.
Comme une flèche éclatant une bulle.
C'était si soudain, si cru que la kitsune sursauta légèrement et cette fois, pointa un regard brulant sur Terry. Elle lui en voulait.
Un peu.
Sous le coup des émotions, questionnements sous ces simples mots, les prunelles de Kumiho avaient repris leur teinte dorée, luisant dans la semi-obscurité. Animales.
L’éclat d’une canine vite rangée passa furtivement.
Elle aurait eu encore son verre entre les mains, qu'il  aurait surement fini éparpillé en morceaux sur la moquette.
Était-ce de la pitié, du jugement derrière ces mots ?
Non, peut-être pas, mais le sujet était si sensible qu'elle avait réagit instinctivement.
Sa nature l'avait trahie, mettant sa maîtrise d'elle-même à sac en quelques secondes.
Mais la renarde ne laissa pas la semi-transformation aller plus loin, fermant les yeux en laissant un rapide silence s'installer.
Lorsqu'elle les rouvrit, ils étaient de nouveau sombres, mouchetés d’or sous la lumière  mais la nervosité ne s'était pas envolée, crépitant dans l’air... Malgré ça, elle sourit, franchement.

« - Jugez-moi et je vous tue…." »

D'une démarche chaloupée, sans bruit, la renarde revint s'assoir sur le canapé, surtout en quête du verre servi, qu'elle vida d'une traite, avant de s’assoir dans un froissement de tissu et adresser un autre sourire à Terry.

« - Certains idiots pourraient dire que c'est logique. Inscrit dans une sorte de destin ou une bêtise du genre... parce qu'il y a très longtemps, avant le Grand Exil dans ce monde… Il y a bien longtemps, j’étais une courtisane. On pourrait penser qu’il n’y a plus tellement de différences entre cette époque et maintenant. Mais… »
Subitement, la renarde s’était interrompue, les prunelles acérées en direction de la porte, doutant. Une seconde ou deux plus tard, elle tendit la main vers Terry.
«  Les murs ont des oreilles Terry. Venez, allons plus loin, j’ai cru deviner que certaines pièces de l’appartement étaient cachées, même aux oreilles de ces harpies du treizième. »

Sans véritablement attendre de réponse, Kumiho chopa le poignet du garde du corps avec un clin d’œil et l’entraina à sa suite, subtilisant une bouteille d’alcool au passage.
A cet instant-là, parler d’elle présentait une sorte de challenge, d’interdit muet pour elle. Bien évidemment, Terry ne pourrait avoir la vérité, et au vu de sa franchise troublante, la kitsune estimait qu’elle lui devait plus que des bribes d’histoires.
Et peut-être aussi qu’au fond d’elle, la maquerelle avait envie de sortir de son rôle, de montrer sa véritable fourrure, ou au moins un éclat lunaire.

Quelques portes traversées, elle s’arrêta et posa la bouteille sur une table basse.

« - Vous pouvez rire de moi Terry. Mais au-delà de la discrétion professionnelle qui nous lie, j’ai besoin d’une promesse de votre part… Vous ne direz jamais rien de ce que vous entendrez dans cette pièce ni sur moi. Non par peur des conséquences qui accompagneraient ces paroles, mais par … confiance, en quelque sorte. » Il y avait de la vérité, de la sincérité dans les paroles, le jeu de la renarde, même si parler de confiance était… exagéré de sa part. Elle le menaçait, lui demandait une faveur et sa confiance en ne se mettant pas pour autant dans une position de quelqu’un de redevable… Tout cela à la fois. De quoi le perdre en quelques instants, et ne pas lui laisser le choix.
La confiance de Kumiho se méritait, et Terry ne l’avait pas. Ne l’aurait pas même avec cette promesse.

Buvant à même la bouteille, geste beaucoup moins emprunté que précédemment, la jeune femme invita l’homme à s’assoir à côté d’elle, sur l’immense sofa, donnant sur les gratte-ciels.
Léchant une goutte d’alcool sur ses doigts, elle reprit là où elle s’était arrêtée de manière un peu brutale.
« - Quand je suis arrivée ici, je n’avais plus rien. J’avais tout perdu » La vérité-mensonge commençait, louvoyant entre sincérité et omission. Terry ne serait jamais en mesure tout ce que recouvrait cette simple phrase. « J’ai essayé de m’en sortir simplement. Au japon, ailleurs et puis ici à New York, mais bien souvent le travail honnête paye mal. Evan a les poches bien remplies. A la hauteur de certains pdg mundanes, ou même d’autres personnes avec plus ou moins d’influences… et j’ai besoin de cet argent pour vivre. »
N’ayant pas l’intention de se donner une image larmoyante, Kumiho souriait toujours, sure d’elle et la voix énonçant ces éléments comme si ce n’était pas tellement de sa vie dont elle parlait. Un constat froid, mais dont elle assumait toutes les conséquences, ou presque.

« - Vous devez vous imaginer que c’est … mon métier, au quotidien. Il ne l’est qu’une fois passé une certaine heure. Je travaille ailleurs. Vous comprenez pourquoi je dois rester discrète. » Inutile de lui dire qu’elle n’avait jamais quitté l’univers de la prostitution, que ce « vrai » métier n’était qu’une couverture et que son nom était connue dans le milieu… Qu’il garde encore un peu de son innocence. Il entendrait des échos sur la silhouette asiatique bien assez tôt.

« Pour répondre à votre question…. Je le fais, parce que le langage du corps n’a pas de secret pour moi, ou presque. Ce sont des cons, mais je suis douée, il parait.  » Rire et haussement d’épaules. « Parce que ce n’était qu’une barrière à franchir, qu’ils sont riches. Très riches. C’est beaucoup moins louable que vous, c’est vrai ! »

Ce n’était pas moqueur, malgré le léger rire qui filtra entre ses lèvres.
Son visage n’était qu’un masque cachant la tempête émotionnelle que la question de Terry avait soulevé, ses propres réponses. Un trompe-l’œil en argent recouvrant le cuivre.

Kumiho laissa filer quelques silences en se levant pour farfouiller dans les tiroirs d’une commode, et en sortir des cigarettes hors de prix  pour s’en allumer une et en proposer à Terry. Tout cela faisait beaucoup à assimiler, et le langage obscur qu’elle employait parfois avait de quoi en perturber plus d’un, les perdant dans des détours et un lot d’informations pas forcément essentielles.
Mais chacun était bien un tas de petits détails non ?

« - Donc personne ne vous attend chez vous ? Même pas un chat ? une ou un ami de passage avec qui décompresser de temps en temps ? … »
Oui oui, elle était bien en train de le questionner sur sa vie privée actuelle. Quotidienne, sexuelle etc…
Mais autant quitter au plus vite le terrain glissant sur lequel elle s’était engagée par caprice et lui rendre la pareille.
D’autant plus qu’un coup d’œil à l’immense horloge de la salle lui apprit que son client ne tarderait pas à revenir…
Et rien que cela mérita une autre rasade d’alcool.



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Dernière édition par Kumiho Fox le Ven 2 Jan - 0:38, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: A sa botte ft. Terry Sam 27 Déc - 6:54

Le regard d'Hanja n'était pas emprunt de pitié.
Cette absence de pitié ne surprenait pas vraiment l'homme en noir, dans un sens. Il n'arrivait pas à associer cette énigmatique femme avec l'idée de pitié, dans ses yeux indescriptibles, ce sentiment semblait simplement incompatible. D'un autre côté, ça le rassurait, que son histoire ne suscite pas la pitié. On avait pitié de quelqu'un de faible, et Terry s'était fait le serment de ne pas l'être – même si, à l'instant présent, il était probablement plus démuni que jamais dans son existence à Fabletown –  pour ceux qu'il devait protéger, et pour lui-même, pour porter le fardeau de l'ignorance,.
Après une réflexion qu'elle seule pouvait pleinement comprendre – même si le Sasquatch savait qu'à nouveau, elle n'était pas dénuée de sous-entendu, volontaires ou non – et un rire  sans moquerie ni joie, Terry reprit la parole. Lorsqu'il eut terminé, le signe de tête également passé, la jeune femme lui répondit sur un ton...Presque maternel. Déstabilisante comme à son habitude, Hanja le réprimandait. S'il s'y serait attendu de la part de ses supérieurs hiérarchiques, pour une tirade si bravache et pourtant si vraie, il ne pensait pas qu'elle le réprimanderait également. Bien entendu, il y avait une part de vérité dans ce qu'elle disait, s'il mourait lui-même, il ne pourrait plus protéger qui que ce soit. Et une vie ne se gâche pas inutilement. Cependant, le Sasquatch n'était pas partisan de l'adage disant qu'une vie en vaut une autre, et il plaçait le prix de sa vie bien en dessous de celui des autres. Son amnésie y était probablement pour quelque chose, mais protéger les autres restait le but qu'il s'était donné dans cette « nouvelle » vie. Un nouveau sourire ponctua la prise de parole de la jeune femme, passant un zeste de pommade sur la pique qu'elle avait lancé à l'intention de l'agent de sécurité. Il ne s'en était pas offusqué néanmoins, le langage si énigmatique de son interlocutrice, ponctué de mots crus, reflétait, selon lui, sa personnalité. La façon de parler était souvent représentative de la personne, Terry le savait, car il avait longtemps travaillé son expression orale afin de ne plus paraître une brebis égarée, une fois arrivé à Fabletown.

Puis il posa la question fatidique, cette question directe qu'il avait su poser en raison d'un regain de courage suite à cette confession, cette question qu'il se posait tout bas, mais qu'il n'avait pas osé, jusqu'alors, poser à haute voix, la voilà qui sortait, marquant un tournant brutal dans la conversation.

Immédiatement, le Sasquatch sut qu'il avait touché la corde sensible, s'il s'attendait à une brève crispation, et une réponse évasive ponctuée d'une réprimande drapée de velours comme précédemment, il fut fort surpris de voir les yeux de son interlocutrice – dont il ne décrochait jamais son propre regard, tellement absorbé par leur profondeur – virer soudain à l'éclat de l'or. Son cœur rata un battement, la surprise quant à ce changement si rapide, et à toute la menace qu'il lisait dans le regard de la jeune femme, rappela à lui toute la lucidité qui voulait bien emplir à nouveau son cerveau embrumé. En l'espace d'une seconde, l'image de la jeune femme énigmatique et imprévisible avait été balayée par...Quelque chose. C'était si fugace que Terry n'avait pas eu le temps de décomposer chaque instant comme à son habitude, car il avait lui-même réagi. Ses mains s'étaient serrées, ses muscles s'étaient contractés sous ses vêtements, et son regard avait exprimé une surprise pourtant dénuée de peur. Se faisant, il ponctuait ses précédents propos, il ne craignait pas pour sa vie, même si cette bestialité semblait annonciatrice de quelque chose de très puissant. Même s'il avait toutes les raisons du monde de craindre ce qu'il venait de voir, de prendre ses jambes à son cou, ou de prendre ses distances, il n'en faisait rien. Pas simplement parce qu'il ne craignait pas pour sa vie, mais aussi parce que ce sentiment étrange et inconnu qu'il éprouvait envers Hanja ne s'était pas dissipé pour si peu. Qu'étais-ce donc, de la curiosité ? De la fascination ? Ou...Autre chose ? Il ne prit pas le temps de s'appesantir sur une question aussi futile, car la menace était cependant bien réelle. Elle ferma les yeux, semblant reprendre son calme. Elle avait réagi instinctivement, pour la première fois, il avait percé cette armure qu'elle s'était dressée. Un mélange de fierté et de gêne s'instilla en lui, d'un côté, pour une fois, il avait réussi à la surprendre vraiment, et à prendre, l'espace d'un très bref instant, la main sur ce jeu perdu d'avance. D'un autre côté, il était désolé s'il avait réveillé en elle des souvenirs douloureux, car il ne voulait pas la blesser. Mais il se garderait bien de le dire, le silence valait parfois beaucoup mieux que des excuses maladroites.

Les yeux d'Hanja se rouvrirent, et sa bouche s'étira en un sourire franc, pas un sourire matois ou un sourire moqueur, ni un sourire blanc et indescriptible, celui-ci était un vrai sourire. Était-il pour autant un sourire heureux ? Terry en doutait. De cette bouche souriante sortit cependant une menace non voilée cette fois, c'était tout aussi franc que le sourire, direct, à en couper le souffle. Le Sasquatch cilla, se demandant quoi répondre alors que la jeune femme revint s'asseoir à la recherche d'une contenance trouvée dans l'alcool. Un silence aurait fait l'affaire, « qui ne dit mot consent », mais ç'aurait été trop commun.


-Tuez moi si j'ose, mais vous ne m'y prendrez pas.

Il avait choisi cette forme rythmée afin d'adoucir autant qu'il le pouvait l'atmosphère. Non qu'il souhaitait replonger dans ce flou mental – n'est-ce-pas ? – Mais il craignait de laisser un malaise s'installer s'il donnait trop d'importance à ce moment de faiblesse – s'il pouvait l'appeler ainsi – de la jeune femme. Il répondit au sourire de son interlocutrice, et l'écouta conter le début de son histoire, avec un style fidèle à lui-même, travaillé, énigmatique, et parfois si cru. Terry se mit à l'aise dans son siège, s'attendant à ce que la jeune femme continue son récit, car sa façon de parler théâtrale laissait croire qu'elle n'en avait pas fini avec les effets de style. Quelle ne fut pas sa surprise lorsqu'elle s'arrêta soudain, son regard tourné vers la porte. Terry le suivit en sentant une boule se former dans son estomac bien malgré lui : Evan revenait-il déjà ? Tout ceci semblait n'avoir duré qu'un si bref instant ! Tandis qu'il s'attendait à voir arriver son patron d'une seconde à l'autre, Hanja reprit la parole du ton de voix propre au conspirateur. Des pièces cachées ? Le Sasquatch se demanda jusqu'où la jeune femme connaissait l'appartement de son employeur, et surtout comment elle le connaissait aussi bien. Soudain, sa réflexion fut coupée par un contact sur sa peau. Il faillit résister à la force qui le tirait de son siège lorsqu'il vit le clin d’œil que la jeune femme lui adressa. Désarmé – encore –, Terry se laissa donc entraîner à la suite de son interlocutrice, s'appliquant à ce que ses pas soient aussi discrets que possible. Bien sûr, on n'entendait pas Hanja marcher, l'absence de souliers la rendait aussi silencieuse qu'une plume, et sa démarche chaloupée aurait donné le mal de mer à un pirate. Pour le Big Foot, c'était plus...Tendu. Ses chaussures de ville étaient plus bruyantes, ce qui le contraignait à plus de concentration, mais il avait l'habitude de bouger avec les ombres, et son pas se fit presque aussi furtif que celui de son interlocutrice. Il marchait derrière elle, gardant les yeux fixés sur la cascade que formaient ses cheveux sur sa nuque et ses épaules – car son regard ne descendrait pas plus bas une seconde fois –. Il ne prenait pas la peine de retenir les pièces qu'ils traversaient, ils marchaient trop vite pour que les détails s'impriment réellement dans son esprit, et le contact chaud de la main sur son poignet ainsi que la force extérieure qui l'incitait à avancer le coupaient de la réalité.

Après l'éternité d'un instant, Hanja s'arrêta dans une pièce que l'homme en noir voulut prendre le temps de détailler. Cependant, elle le prit de vitesse, lâchant son poignet, elle déposa une chose à laquelle Terry n'avait pas prêté attention sur une table basse et se tourna vers lui, prenant la parole d'un ton sérieux. À nouveau, elle parlait franchement, sans camoufler ce qu'elle disait. C'était moins déroutant que la première fois, mais toujours inhabituel. La jeune femme montrait là un autre aspect de sa personnalité, moins subtil, moins travaillé aussi, beaucoup plus cru, plus...Naturel ? Quoi qu'il en soit, Terry prit bien le temps de choisir ses mots, car il savait qu'elle le mettait là à l'épreuve, et il ne devait pas échouer. Plongeant son regard dans le sien, évitant l'inclinaison théâtrale ou le genou au sol, il croisa les bras sur sa poitrine pour se donner l'assurance dont il manquait.


-Rire de vous reviendrait à vous juger, et alors vous me tueriez....

Un sourire étira son visage, il s'était permis de la taquiner un peu. Révélant là un autre aspect de lui-même. La menace et le danger lui donnaient de l'aplomb, et la douceur le désarmait simplement. Cependant, sachant qu'elle ne jouait plus, ou du moins plus autant que précédemment, Terry s'empressa de reprendre la parole, car il savait que cette réponse n'était pas suffisante.

-Rien de ce que vous me direz ne sera divulgué, Madame. Que ce soit ce faux nom auquel je songerai lorsque votre image reviendra à mes pensées ou toute information que vous me donnerez, je vous jure de garder le secret.

C'était travaillé, et pourtant naturel. Les rimes sonnaient solennel, mais ce n'était pas artificiel. Il rappelait à la jeune femme qu'il l'appelait par un faux nom, preuve qu'il avait compris qu'il n'avait toujours pas acquis sa confiance. Cependant il était également sincère, il ne dirait rien de ce qu'elle lui dirait. De toute façon, à qui l'aurait-il dit ? Il ne connaissait personne à Fabletown d'assez proche pour se confier, et pourquoi aurait-il confié quoi que ce soit ? Il comprenait néanmoins la demande d'Hanja, c'était légitime de sa part, et il se sentait un peu dans une position privilégiée en ce moment, avec tout le danger que cela représentait, bien entendu. Il jouait avec une flamme si intense qu'un faux mouvement pouvait le carboniser, ou, pour reprendre la métaphore qu'il associait depuis le début à la jeune femme, avec une rose si magnifique que ses épines auraient pu déchirer la carapace d'un reptile.

Elle s'assît sur un sofa présent dans la pièce, prenant sur la table basse cet objet auquel Terry n'avait guère prêté intention : une bouteille d'alcool. Buvant au goulot – encore quelque chose de cru venant de cette femme si subtile –, elle l'invita à s'asseoir, ce qu'il fît. En face de lui : New-York et ses gigantesques bâtiments qui portaient bien leur nom. À côté de lui, si près que la senteur mêlée de son parfum et de l'alcool l'assommait légèrement, et que son regard lui semblait encore plus profond qu'il ne l'était déjà précédemment, l'énigme la plus complexe et fascinante qu'il n'avait jamais connu, incarnée par une jeune femme dont il ne connaissait pas le vrai nom. Elle reprit alors son histoire là où elle l'avait arrêté précédemment. Prenant une position plus confortable, Terry l'écouta sans l'interrompre, car il souhaitait connaître et comprendre Hanja. Lentement, au rythme de ses intonations et au son de sa voix, il sentait doucement la léthargie s'emparer à nouveau de lui, et s'il avait voulu la combattre, il en aurait été bien incapable.

Son introduction fit imperceptiblement tressaillir le Sasquatch, ainsi, elle aussi avait tout perdu avant d'arriver ici ? Probablement pas de la même façon que lui, mais dans un sens, ils avaient eu un départ similaire, un départ de rien. La seule différence, c'est qu'elle avait le bagage de son passé, et pas lui. Ce simple fait, cette vérité, les rapprochait en quelques sortes, car elle les rendait semblables en un point, ou du moins l'étaient-ils si elle lui disait la vérité. Rien ne le prouvait, mais l'agent de sécurité pensait qu'elle était sincère, à ses risques et périls. La suite était une série de constats et de vérités, effectivement, le travail honnête ne payait pas très bien, Terry était bien placé pour le savoir, et un sourire amusé ponctua cette déclaration de la jeune femme. Ce qu'il nota toutefois, c'était qu'elle parle ainsi de son passé, ou plutôt de son métier, avec tant de simplicité. Elle assumait tout à fait ce qu'elle était, mais alors, pourquoi une réaction aussi incontrôlée dans le salon ? La conclusion vint vite, elle assumait son présent, mais elle vomissait son passé. Elle mentionna ensuite un autre métier, un métier quotidien. Un travail honnête ? Fort possible, et ça accentuait encore cette nécessité de discrétion. Ainsi, elle aussi était très bien placée pour savoir que le travail honnête payait mal. Elle ne donna cependant pas plus de détails sur ledit travail, le laissait-elle deviner ? Ou n'avait-elle pas l'intention qu'il le sache ? Dans les deux cas, Terry cogiterait probablement longtemps avant de frôler la vérité, même avec tout ce qu'il avait appris. Cette femme pouvait se révéler très contradictoire, et pourtant ces contradictions étaient tellement en accords les unes aux autres, que deviner quelque chose sur elle à partir de rien relevait de la voyance. Un bref
En effet... suivi d'un hochement de tête ponctua la déclaration de son interlocutrice. Lorsqu'elle mentionna le langage du corps, Terry se retint d'approuver à voix haute, effectivement, elle connaissait parfaitement le langage du corps, ce n'était ici pas de la vantardise ou de l'orgueil mal placé, mais une vérité, ponctuée par une pique à laquelle Terry aurait aimé rire s'il ne l'avait pas pris pour lui. Il n'était pas sûr qu'elle fut dirigée vers lui – en fait, il pensait même que ce n'était pas du tout le cas – et pourtant, en raison de ce brouillard dans lequel elle l'avait précédemment plongé, et du fait qu'il ne parvenait jamais à être vraiment sur ses gardes avec elle, il se reconnaissait un petit peu dans les « cons ». Cependant, lorsque le silence ponctua la phrase d'Hanja, il trouva à répondre.

-Croyez moi, il n'y a rien de louable à jeter l'ombre sur une porte ou à effrayer des voyous malavisés. Nos...Métiers, sont identiques en ce que n'importe qui peut le faire, mais très peu savent le faire.

C'était un peu hors sujet, mais c'était vrai. Terry regarda la bouteille un instant, puis se maudit de ne pas avoir apporté de verre, l'alcool lui apportait à lui aussi une certaine contenance.

-Merci d'avoir répondu à cette question Hanja.

C'était sincère, un peu enfantin sur les bords, mais sincère. Il ne s'excuserait pas de l'avoir plongée dans de mauvais souvenirs, mais il la remerciait de cette honnêteté dont elle aurait pu le priver, mais qu'elle lui avait accordé. Elle se leva et partit chercher quelque chose dans les tiroirs de son employeur. Terry la surveilla quelques secondes, mais, sachant que même si elle volait quelque chose, il lui faudrait l'intégralité de ses sens en alerte pour percevoir quelque chose de suspect – et la plupart lui refusaient simplement leur assistance –, il reporta son regard vers le panorama qui s'offrait devant lui, ruminant les informations qu'elle lui avait donné, tentant de les décortiquer dans ce court laps de temps qu'elle lui offrait. Elle et lui étaient de stricts opposés en un sens, et pourtant, se ressemblaient en plusieurs points. Un sourire étirait son visage à mesure que sa compréhension des informations qu'il avait glané sur Hanja se précisait. Elle revint alors, lui proposant une cigarette qu'il refusa poliment, et ne put s’empêcher de froncer le nez lorsqu'il sentit l'odeur acre de la cigarette planer dans l'air. Il détestait l'odeur du tabac, ce qui n'aidait pas lorsqu'il devait parler avec le Shérif. S'il tenait bien et appréciait l'alcool, la cigarette le répugnait simplement, et il devait chaque fois faire un grand effort pour endurer la proximité d'un fumeur. Cependant, par besoin de sociabilité, et aussi parce qu'une odeur savait se faire supporter avec un brin de volonté, Terry tenta de minimiser la grimace désagréable qui s'était instinctivement formée sur son visage. Prenant un air plus avenant, il attendit la question suivante qui vint immédiatement, le prenant malgré tout de cours. Il avait parfaitement saisi le sous-entendu, « quelqu'un avec qui décompresser ». Baissant un instant le regard, il tenta tant bien que mal de cacher le malaise que soulevait cette question. La peur, la haine, le danger, il savait gérer, mais dès qu'on en arrivait aux affaires de cœur....Et d'autres choses, le Sasquatch perdait pied, tout simplement. Se levant à son tour, Terry se tourna un instant vers un miroir qu'il avait repéré au dessus de la commode dans laquelle Hanja avait fouillé. Fixant son reflet dans cette glace, un être qu'il n'avait pas reconnu la première fois qu'il l'avait vu. Il voyait, dans le coin de cette glace, le reflet de la jeune femme, la fumée qui s'élevait de sa cigarette, son regard perçant et mystérieux... Il se retourna vers elle, restant debout, et parla après un bref soupir, tentant de contrôler la rougeur qui montait à ses joues.

-Non, je n'ai personne à qui manquer. Je vis seul, je dors seul...Certains se justifieraient en disant que les attaches sont des faiblesses, pour moi c'est plus simple, je n'ai jamais pris le temps de m'attacher à qui que ce soit.

Il avait répondu à la fois au côté sentimental et sexuel de la question. Même s'il avait volontairement écourté celle qui concernait la partie inférieure à la ceinture, non qu'il était gêné d'en parler – un peu quand même – mais il craignait de paraître ridicule à s'attardant trop sur le sujet. Suivant le regard de la jeune femme, qui était dirigé vers une horloge qu'il n'avait pas vu en entrant, Terry se demanda combien de temps s'était écoulé depuis qu'ils avaient commencé à parler. Un adage disait que dans les tragédies, un instant devenait une éternité. C'était partiellement vrai ici, les seules différences étant que le Sasquatch n'aurait jamais comparé cette rencontre à une tragédie, et que l'éternité toucherait bientôt à sa fin. Comme s'il voulait retenir le temps qui courait inexorablement en avant, Terry planta à nouveau son regard dans celui de la jeune femme et lui posa une première question.

-Et vous, n'avez vous personne qui vous attend ? Personne qui s'inquiète pour vous ? J'imagine que pour décompresser, vous êtes servie cependant..

Une petite note narquoise pour ponctuer une question aux allures pathétiques, bien que la voix du Sasquatch soit restée neutre, cette conclusion était nécessaire. Toujours debout, Terry chercha une seconde question à poser à la jeune femme, parce que le simple « et vous » n'était pas suffisant, en un sens. Des dizaines de questions, certaines indiscrètes, d'autres banales, mais aucune pertinente, vinrent se presser à la frontière de ses lèvres. Finalement, après avoir laissé à la jeune femme le temps de répondre, il reprit la parole d'une voix égale.

-Vous me troublez, Hanja. J'énonce une évidence, je le sais, mais je devais le dire. Plus j'en apprend sur vous, et plus je me rend compte que j'en sais peu. Et bien sûr, plus j'ai envie d'en apprendre...Et bien sûr, le temps n'arrêtera pas sa course pour autant. Par conséquent, j'aurais une dernière question, si vous me le permettez...

Il venait d'en poser une, par conséquent, c'était techniquement à elle de lui en poser une nouvelle, mais n'avait-elle pas triché une éternité auparavant ? Se raclant doucement la gorge pour se donner la contenance nécessaire, Terry reprit la parole après quelques secondes de pause.

-En fait, je vous vois comme une rose. Belle, énigmatique, et très dangereuse. C'est la comparaison la plus proche que j'ai trouvé vous concernant, bien que vous ne puissiez être réduite à une simple fleur.

Cette tirade était tellement enfantine, tellement ridicule ! Mais elle était nécessaire. Même s'il sentait à nouveau le rouge lui monter au front, car il se ridiculisait et car ce genre de compliments pouvaient être très mal interprétés, il gardait un ton neutre, ne tremblant pas, mais ne s'adoucissant pas. C'était ici une sorte d'introduction à la question qu'il s’apprêtait à poser, car, il le savait, il allait entrer sur une pente sensible à nouveau. Mais il devait savoir, sa curiosité prenait le pas, il devrait à nouveau titiller la flamme, serrer dans sa main la rose en fermant les yeux, se brûlerait-il cette fois ? Son ton restait également neutre afin de bien montrer que ce n'était pas une tentative malavisée de séduction. Il n'était pas assez fou pour tenter de draguer cette femme, et il ne ressentait pas ce genre de sentiments à son égard...
N'est-ce-pas ?


-En suivant cette comparaison simpliste, ma question, qui est en fait une demande peu orthodoxe, est la suivante. Il hésita un instant, se demandant comment tourner cette phrase fatidique, puis, après quelques secondes à retenir sa respiration, il se lança, avec une voix moins assurée qu'il ne l'aurait espéré. J'aimerais avoir un aperçu de vos épines, chère dame.

Il ne l'avait volontairement pas appelé Hanja, il avait utilisé un terme plus impersonnel non pas pour marquer une distance, mais au contraire pour marquer une proximité. Un pseudonyme ne valait pas un titre, et en utilisant le « chère dame », Terry marquait à la fois la proximité et le respect, ainsi qu'une certaine sincérité. Il fixa son interlocutrice droit dans les yeux, avec un regard déterminé mais toujours cordial. La fumée de cigarette masquait totalement le parfum de la jeune femme, et donnait à Terry plus de contrôle sur lui-même. De ce fait, l'instant semblait moins « magique », mais il était lui-même moins passif.

Si la douceur de ses pétales était apparente, la dangerosité de ses épines, quant à elle, était bien cachée. Il avait pu entrapercevoir cette dangerosité précédemment, maintenant, il voulait en être sûr. Pourquoi ? Qu'est ce que ça lui apporterait ? Il n'en savait rien, mais au fond de lui, il savait que cette question primait sur les autres, et que c'est ainsi qu'il apprendrait à connaître et comprendre Hanja, ou quel que fut son nom.
Silencieux, détendu en apparence mais tendu à l'extrême sous les apparences qu'il parvenait à peine à préserver, il attendait la réponse de la jeune femme, quelle qu'elle soit, et quelle que soit sa forme. Il se souvenait de l'adage mundane qu'elle avait utilisé précédemment, et se disait qu'elle pourrait probablement s'en servir pour esquiver la question et le mettre dans l'embarras si ça lui chantait. Mais cette bestialité qu'il avait vu dans son regard, chaque fois qu'il y repensait, il y trouvait un écho, enfoui si profondément dans les méandres de son être que ça relevait presque du songe. Mais quelque chose en lui, une voix à peine audible lui disait qu'il devait en être sûr, que comprendre son interlocutrice, ou plutôt cette facette de sa personnalité l'aiderait aussi à se comprendre lui-même. Il ne le lui avouerait pas, mais cette demande, si folle qu'elle parusse, se rapprochait de l'appel d'un naufragé vers la lumière. Bientôt, son employeur reviendrait, le temps s'en allait lentement, trop rapidement pour lui, et les prunelles sombres de la jeune femme absorbèrent à nouveau son regard dans leur immensité.


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MessageSujet: Re: A sa botte ft. Terry Dim 25 Jan - 2:09

Si Terry maitrisait ses mimiques et ses réactions du mieux qu'il pouvait, la renarde sentit que l'odeur et la fumée ne lui plaisait guère. Un simple tressaillement disait parfois bien des choses mais elle profita de deux lattes avant d'aller ouvrir la fine baie vitrée.
Il lui plaisait, ce grand gaillard à la langue si distinguée et joueuse malgré le sérieux des sujets qu'ils abordaient.
Si naïf et droit dans ses souliers vernis.
Elle hocha la tête, acquiesçant silencieusement. Souriante dans l'obscurité.
Kumiho ne pouvait encore juger de l'efficacité de Terry à jouer au garde du corps, mais leur nature de Fable leur donnait un atout majeur dans leur "métier" respectif. La longévité et l'expérience gravait en eux des connaissances à jamais acquises. La kitsune n'était peut-être qu'une prostituée de luxe parmi tant d'autres, mais ses sens, son attention accrue lui permettait de connaître le corps de ses clients, leurs faiblesses et leurs plaisirs inavoués.
Une chose était sure concernant l'homme sombre en face d'elle, il était la loyauté incarnée... et même si elle ne pouvait, ne devait pas lui faire confiance, la jeune femme se doutait qu'il respectait ses paroles.
Du moins, un temps.

Elle revint vers lui, fixant son dos avant de regarder l'heure, laissant un léger silence s'installer, le temps qu'il lui réponde. Amusée, elle nota l'hésitation dans le ton de sa réponse. Mais aussi comme une petite note de fatalité.
"Les attaches sont des faiblesses"... inconsciemment, Kumiho pencha la tête sur le côté, réfléchissant pour elle-même. Certes, elle ne pouvait le contredire, le danger était aussi l'ombre de ses pas, mais son quotidien lui prouvait combien ses attaches, ses liens avec les filles, avec Jin l'avait poussé à montrer les crocs, à se dépasser, à tuer Foxy pour devenir la maîtresse du Neuf de Pique.

"- Elles ne sont pas forcément que des faiblesses.... "
Bribe de réponse évasive échappée de ses lèvres avant que la renarde ne fronce les sourcils, agacée. Un poil irritée même. Les derniers mots et le ton de Terry avait réveillé des autres critiques reçues et un jugement trop prompt.

" - Vous vous trompez ! Vous pensez peut-être que je prends mon pied à faire ce que je fais ?! Seriez-vous de ceux qui pensent que je contente mes appétits, que je le mérite et qu'en prime, j'empoche de l'argent ? "
Même si elle avait prononcé cela à voix basse, le timbre était devenu un brin aigre, amer. Elle gronda presque. D'un doigt, elle était venue frapper le torse du garde du corps, se dressant de toute sa petite hauteur face à lui, le faisant reculer légèrement. Certes, c'était une réaction disproportionnée, et il n'avait surement pas pensé à mal, mais malgré ça la renarde ne pouvait laisser couler, piquée dans sa fierté, dans son intégrité. Ou quelque chose qui y ressemblait.

"- Ce qui est professionnel reste du domaine professionnel... Je ne suis là que pour donner du plaisir, Terry. Ils paient pour mon corps, pour leur plaisir. Non le mien... Pour ce qui est de décompresser, c'est entièrement à mon choix, et sans contrepartie pécuniaire. "
Le sourire revint sur ses lèvres alors qu'un léger soupir s'en échappait, et Kumiho recula légèrement. Une bouffée de nicotine filtra entre eux.

Aah, la naïveté de Terry était amusante, distrayante mais elle avait le don de briser parfois la glace à coup de bottes de chasse. Mais au final, n'était-ce pas mieux que d'effleurer sa réalité en détournant les yeux, gêné ?
"- Des gens m'attendent, s'inquiètent. Et ils vous tuerait pour en savoir autant, mais ce sont des amis. Personne d'aussi personnel que vous l'entendiez."

Une personne telle que Kumiho ne devait, ne pouvait s'embarrasser de telles ... faiblesses. Même au fond d'elle, son cœur se serrait à le dire. Elle avait eu oui, une famille, un foyer où résonnait les rires, la chaleur et l'amour, même si tout n'était pas rose. Mais c'était bien trop secret, bien trop personnel pour le confier à un presque inconnu.
Peut-être un jour...

L'aveu de Terry les détourna du terrain glissant sur lequel la conversation s'engageait et la renarde scruta ses prunelles hésitantes en silence, ne bougeant que pour fumer et hocher la tête à sa demande.
S'être déplacé leur offrait quelques dizaines de minutes en plus, même si ce ne serait pas du goût d'Evan, mais elle pouvait bien lui accorder une dernière question.

Une rose vraiment ?
La comparaison tira un léger rire à Kumiho. Elle, se voyait plutôt comme du chiendent, mais le compliment sous-jacent lui fit plaisir, mine de rien. Oh oui, elle l'était. Dangereuse, belle et envouteuse. Elle avait appliqué sa vie, son existence à l'être.
D'un sourire, la jeune femme encouragea Terry à formuler ce qui semblait le perturber.

Mais... la kitsune devait bien avouer qu'elle ne s'attendait pas du tout à ça.
Cachant son étonnement sous un sourire mutin, elle s'accorda quelques secondes de réflexion avant de s'avancer de nouveau vers lui. Ce n'était pas raisonnable, ça l'a dévoilait... mais peut-être que juste un moment, juste une étincelle sur l'horlogerie du temps, elle avait envie de ne pas se fondre dans les illusions.
La maquerelle imaginait bien les hauts cris que pousseraient aussi bien Jin que les hautes instances du bâtiment à la voir user de sa forme naturelle comme bon lui semblait. Mais après tout, Kumiho n'était sujette à aucune règle, à part les siennes.
Et un renard fait ce qu'il veut.
Toujours.

"- C'est bien audacieux de votre part Terry. Je devrais vous faire payer pour ce que je vais vous montrer, mais regardez-moi... "
Sur ces mots, la renarde avait saisit doucement le menton de l'homme, baissant son visage à sa hauteur, leur souffle si proche qu'elle aurait pu facilement l'embrasser mais elle ancra ses prunelles dans celle de son vis-à-vis et se permit d'énoncer un fait. Non une demande, juste une condition irrévocable.
D'un geste ample, elle dénoua le léger chignon qui restait dans ses cheveux, y retirant une épingle à la pierre couleur de feu.
"- Vous me devrez un service..."
Tandis que ses lèvres prononçaient ces paroles, l'apparence de la jeune femme changea, sa voix se parant d'une note un peu agressive, animale. Ses yeux sombres se fendirent une nouvelle fois pour dévoiler les pupilles dorés de la Kitsune.
Son sourire se para de canines pointues, étincelantes, de même que les ongles, griffes à présent coupaient un peu la mâchoire de Terry.
Mais surtout, surtout les huit queues étaient apparues, tranchant avec l'obscurité pour se dresser au dessus d'eux, comme une cloche de fourrure vivante. Elles bougeaient doucement rythme de la respiration de leur propriétaire.
Kumiho, le visage barré par un maquillage sanglant ancestrale, légèrement caché par leurs ombres, aurait pu lui arracher le cœur là, maintenant.
Au lieu de ça, elle le fixait mystérieusement, dans l'attente d'un écart, d'une réaction qu'elle quelle soit.

"- Satisfait ?"

En réalité, la semi-transformation n'était une maigre révélation à ses yeux, ses autres formes et capacités étant bien plus dangereuses. Mais il l'avait demandé non ?
Et de toute façon, Terry n'aurait eu droit qu'à un aperçu.
C'était bien trop dangereux, pour lui comme pour elle, et il n'y avait pas de raison de tout lui révéler.

Quelques secondes plus tard, les oreilles pointant au travers de la chevelure de la kitsune se dressèrent soudain vers la porte de la pièce, mais un sourire carnassier au bord des lèvres, elle ne bougea pas d'un poil, proche de Terry alors que la silhouette d'Evan faisait irruption dans la pièce.

"- Mais ! On peut savoir ce que vous faîtes ici ... ?!

Là, sous l'œillade furieuse et suspicieuse de l'homme, la jeune femme se dégagea. En quelques secondes ne restait pratiquement rien de la semi-transformation, et cette rapidité tira une grimace de douleur à Kumiho. Elle le camoufla sous un sourire dangereux, presque agressif.

"- Monsieur Johnson et moi avions simplement une petite conversation, rien qui ne vous concerne Evan, et je peux vous le promettre, rien qui ne dérange notre nuit. Vous avez fini ? ..."

Le ton de sa réplique tira l'ombre d'un sourire à l'homme d'affaire, oh oui ce n'était pas fini. Il la savait joueuse et briseuse de règle, mais n'appréciait pas des masses de la partager. Mais après tout, leur accord ne comprenait pas l'éventualité d'un petit en-cas, en l'absence fortuite du client. Malgré cela, il fixa Terry d'un air sévère.
Kami seul savait ce qu'il était en train de s'imaginer...

"- Terry, nous en reparlerons. Et toi, arrêtes de jouer avec mes employés ... " Ses mains s'étaient glissées sous la chemise de Kumiho, comme un geste puéril de propriété dont elle n'avait que faire, regardant un instant par la fenêtre, souriante mais distante. " -Rejoins-moi dans la chambre..."

Un brin possessif mais non irrespectueux malgré le ton impérieux de son ordre, Evan recula légèrement, fixant à tour de rôle Terry et la renarde.
La bulle était percée, l'entracte fini, détruit.
Malgré toute sa sensibilité animale, Kumiho s'était faite avoir mais elle ne culpabilisait pas le moins du monde, amusée et prête à essuyer la frustration de son client. Oh, il n'aurait pas à lui en vouloir, elle ferait tout pour cela. Même plus.
Et parce que malgré l'argent, elle restait encore un instant maitresse d'elle-même, impétueusement sauvage, la renarde resta quelques instants de plus.

"- Ne vous inquiétez pas... Evan est légèrement parano, il vous en voudra pendant une semaine mais ça passera, vous pouvez me croire. A tout à l'heure Terry..."
Le Fable Ottoman était susceptible et anxieux mais pas véritablement pour elle et ses facéties. Plutôt pour ce qui se cachait parfois dans cet appartement hors de prix. Et on n'était jamais trop prudent quand il s'agissait de traiter de secrets de Fabletown... Sa méfiance s'estomperait petit à petit face aux soupirs lascifs, au fait que oui, cette nuit, la renarde lui appartiendrait.
A lui, et lui seul.
Avec un léger signe de la main, la jeune femme passa le chambranle et disparut, ses pas discrets se faufilant dans le loft.


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MessageSujet: Re: A sa botte ft. Terry Mar 27 Jan - 6:23

La deuxième fois.
C'était la deuxième fois qu'une pique de Terry faisait sortir son interlocutrice de ses gonds. Sauf que cette fois, il n'aurait pas parié dessus. Elle qui jouait tant avec les mots qu'avec les mouvements, qui savait parfaitement comment mouvoir son corps afin d'obtenir l'effet désiré, qui contrôlait ses mimiques bien mieux que le Sasquatch et qui savait toujours quand marquer la pause durant ses phrases, était à nouveau sortie de ses gonds. Sans que ce soit dramatique cependant, mais assez pour que l'agent de sécurité puisse reprendre ses esprits. Un doigt collé sur la poitrine, un pas en arrière et le regard surpris planté dans celui d'Hanja qui se dressait de toute sa hauteur devant le géant qui, malgré le fait qu'il dût baisser la tête pour la regarder dans les yeux, ne se sentait pas si grand que cela en cet instant. Elle ne l'effrayait pas, du moins, pas dans ces moments là. Là où elle le surpassait, c'était lorsqu'elle était calme et énigmatique, lorsqu'elle jouait avec les apparences, les mots et les mouvements, là, il perdait tous ses moyens, cependant, le mouvement de recul n'avait été provoqué que par un pur réflexe, nulle crainte ou appréhension si ce n'est celle de tomber, car la poussée avait été plus forte qu'il ne l'escomptait d'un simple doigt. Attendant la fin de la réprimande, et de ce qui suivait, Terry se demanda si, cette fois, les excuses étaient de mise. Après tout, peut-être la pique avait elle été maladroite, ou pas au goût de son interlocutrice – ça, au moins, c'était une certitude –. Cependant il s'y refusa. Elle comprendrait bien qu'il ne pensait pas à mal, ce qu'il dirait par la suite le lui ferait en tout cas comprendre, mais il devait changer de sujet s'il ne voulait pas briser cet instant qui venait tout juste de se fissurer. Le pragmatisme de la jeune femme restait surprenant, et surtout louable, car très peu de gens dans son cas verraient les choses ainsi. Cependant il y avait une note de fatalité dans tout ceci – encore –, elle vendait simplement des services, cependant, le « service », c'était elle-même. Retenant sa respiration lorsque la fumée de cigarette atteignit ses voies respiratoires, le Sasquatch tiqua cependant à la mention des gens qui le tueraient pour en savoir autant. Un sourire s'esquissa sur son visage à cette mention, très vite remplacé par un visage de marbre afin qu'il ne soit pas mal pris. Qu'elle ne pense pas que le fait que ces personnes soient « juste » des amis ne l'oriente sur une mauvaise interprétation de ce sourire. Tuer Terry...Au moins, ils auraient eu une raison valable, mais il s'était douté que cette femme était entourée de mort autant que de mystère, on ne jouait pas ainsi avec les ombres sans avoir sa propre part d'ombre.

Et ça le fascinait de plus en plus.

Cependant, relancer la conversation sur ce sujet, s'éterniser sur cette petite pique mal prise ou sur ce qui en avait découlé, ne ferait qu'épuiser le peu de temps qu'il leur restait, et Terry tenait particulièrement à ce temps. Jamais il n'avait autant ressenti les secondes s'écouler, une par une, toujours au même rythme, inexorable.

Le rire provoqué par la comparaison à la rose avait failli le stopper net dans sa course. Après avoir fait une telle déclaration, s'il y avait bien deux choses qui pouvaient couper les jambes d'un interlocuteur, c'étaient un rire et une grimace offusquée. Déglutissant difficilement, se disant que si le ridicule ne tuait pas, ce n'était pas forcément une bonne chose, il perdit tout à fait la notion du temps qui s'écoulait, coupé dans son élan par ce rire léger, presque cristallin, mais...Vexant. Si la jeune femme n'avait pas enchaîné un sourire avenant, il n'aurait probablement pas retrouvé la parole avant que son employeur ne finisse par les retrouver. Il se jeta donc à l'eau, concluant cette question qu'il avait si maladroitement introduite.

Quelques secondes passèrent, quelques secondes qui semblaient être des heures. Chaque instant était si long que Terry aurait pu voir des poussières se déplacer sous la brise légère qui filtrat par la baie vitrée. Le sourire de la jeune femme avait changé, ce n'était plus un sourire frais et avenant, mais plutôt un sourire malicieux, espiègle. Sans savoir ce que ce changement pouvait bien signifier, car si le Sasquatch était incapable d'une chose, c'était de prévoir les mouvements de la jeune femme, ce dernier attendit, la respiration travaillée pour ne pas être irrégulière – car s'il était un moment où il devait paraître sûr de lui, c'était maintenant – la réponse de la jeune femme dans ce trou que le temps semblait creuser pour retarder la conclusion.

La stupide idée de crier de joie le prit lorsque la jeune femme prit la parole, cependant il la refréna d'une simple claque mentale, la stupidité ou l'immaturité n'était pas de mise en cet instant. Cette dernière s'était approchée, saisissant son menton, leurs visages si proches...Trop proches ! Perturbé par cette proximité qui le gênait énormément, le colosse en noir aurait pu se faire torturer qu'il n'en aurait probablement rien senti. Il ne voyait littéralement plus rien que le visage d'Hanja, son souffle sur son visage, ses yeux au fond des siens. S'il s'était senti envoûté précédemment, ce n'était rien à côté de l'expérience qu'il vivait maintenant. Complètement hébété, privé de toute capacité de réflexion, il ne put même pas réfléchir à ce qu'il aurait pu répondre à la précédente réplique de la jeune femme. Il ne savait plus rien, se contentait de regarder droit devant lui ce visage qui était devenu tout son monde. Il ne remarqua pas le chignon que la jeune femme défaisait, cependant, une phrase résonna dans l'air comme dans sa tête, comme si elle était née de son imagination. Nonobstant il n'en était rien, Terry savait que cette phrase n'était pas une illusion, mais bel et bien une sentence, un contrat.


"- Vous me devrez un service..."

-Très bien...

C'était tout ce qui était parvenu à filtrer de son esprit assommé. Rien de bien travaillé, un fait, comme ce qui avait été énoncé. Oui, il lui devrait un service, l'accord était scellé, et le Sasquatch savait que ce ne serait pas un service tel qu'aller faire les courses ou porter ses sacs. Il ne pouvait pas imaginer quelle ampleur prendrait ce service, mais il savait qu'il lui devrait ce service, et ce jour là, il serait présent, il ne se défilerait pas, car il n'avait qu'une parole. Peu importe ce que ce service serait, même si ça le répugnait, il devrait être là.
Pour elle.

La jeune femme commençait déjà à se métamorphoser, ses yeux sombres, absorbeurs de lumière et de regard, reprirent cette couleur dorée qu'il avait aperçu précédemment. Une piqûre lui apprit que son menton était entaillé, mais ce n'était qu'une infime douleur, il en avait ressenti de pires, dans un passé dont il ne se souvenait plus. Les oreilles de la jeune femme s'agrandirent, dépassant de ses cheveux, ses dents s'agrandirent, et le plus remarquable, huit queues couvertes de fourrures se mirent à fouetter l'air. Le maquillage de la jeune femme aussi était devenu plus...Bestial. Elle n'avait presque plus rien à voir avec la frêle demoiselle avec qui il conversait, il avait devant lui...Un monstre, c'était le mot.
Mais un monstre d'une telle beauté !

Ce n'était pas un monstre comme on le décrivait aux enfants, hideux, qui vous arrache le cœur et le mange au dessus de votre cadavre encore chaud – bien qu'il se doutait que les crocs d'Hanja ne lui servaient pas à manger de la salade – ce n'était pas une bête hideuse et repoussante à qui il avait à faire, c'était un être empreint d'une certaine aura, d'une majesté toute particulière, et dont son instinct lui disait de s'écarter sans plus tarder, de fuir à toutes jambes sans se retourner.
Il n'en ferait rien cependant, car cette résonance qu'il avait trouvé dans les yeux dorés de la jeune femme l'assaillait à nouveau. Aussi faible que précédemment, cette puissance animale, monstrueuse, cette fourrure sur ces queues, quelque chose en lui appelait, tentant d'arriver à la surface de sa conscience, mais n'arrivait pas à percer le noir total du passé du Sasquatch. Il resta là, le regard figé, observant les épines de la rose, quelques gouttes de sang perlant déjà de sa mâchoire. Si son corps avait tenté de reculer, sa volonté l'avait maintenu figé, il n'avait pas cillé ni écarquillé les yeux, sa respiration ne s'était pas – ou peu – accélérée, il était resté stoïque, stoïquement fasciné par le véritable visage d'Hanja.


-Je vous dois un service... Répondit Terry à la question de la jeune femme. Un « oui » aurait été trop peu, et il ne savait pas comment exprimer plus clairement jusqu'à quel point il était effectivement satisfait. Elle lui avait montré ce qu'il avait demandé, ses épines, une esquisse de son identité, de son véritable visage, alors cette réponse valait toutes les affirmatives du monde selon le colosse.

Entendant soudain des bruits de pas, son cerveau trop embrumé par la proximité d'Hanja ne lui permit pas de réagir, et il entendit le son de la voix de son employeur qui venait de les surprendre. Profitant du fait que la jeune femme se déplace, il se redressa lui aussi, détachant enfin son regard de l’envoûtante femme-renard, et essuya les rayures sanglantes sur son menton d'un revers de la manche. Ça partirait au lavage après tout, et ses costumes avaient déjà tâté du sang, bien que ce fût rarement le sien. Prenant une posture plus proche du garde à vous qu'autre chose, il fixa son employeur d'un regard pathétique, comme un enfant prit sur le fait d'une bêtise.


-Monsieur nous... eut-il à peine le temps de prononcer que la jeune femme prenait la parole d'une voix bien plus assurée que la sienne. Jugeant plus prudent de la laisser prendre les choses en main, il resta muet sous le regard sévère de son patron qui s'était un instant tourné vers l'objet de son attention de cette nuit. La jeune femme avait visé juste, semblait-il, car l'humeur d'Evan s'était visiblement améliorée suite à cette réplique. Malgré ça, il riva sur son garde du corps un regard chargé de reproches, que Terry supporta sans baisser les yeux. Il n'avait, au final, rien à se reprocher, ils n'avaient vraiment fait que discuter, et le sujet de ces discussions...Son employeur n'en entendrait jamais parler.

Un
Bien Monsieur plus tard, et son patron se désintéressait de lui. Rivant son regard sur l'extérieur pour ne pas être spectateur de ses plaisirs, le Sasquatch attendit qu'il quittât la pièce. À sa grande surprise, la jeune femme ne le suivit pas tout de suite, restant un instant afin de le rassurer sur l'humeur changeante de son employeur.

-Si vous le dites...Bon courage, Hanja, et à tout à l'heure.

C'était sorti spontanément, peut-être le réprimanderait-elle à nouveau pour ce « bon courage », mais après tout, jamais deux sans trois, et puis c'était sincère, comme il l'avait été depuis le début, comme elle l'avait été à la fin. Fixant le dos de la jeune femme qui s'en allait, Terry s'avisa qu'il était loin de son « poste ». Refermant la baie vitrée aussi doucement qu'il le pouvait, il se souvint également qu'il ne connaissait pas du tout la disposition des pièces de l'appartement, ni quel chemin ils avaient emprunté pour venir ici. Suivre Hanja aurait été une bonne idée, mais lorsqu'il voulu aller à sa suite, elle avait déjà disparu de son champ de vision. Soupirant de sa propre imprévoyance, il se prit la tête entre les mains et réfléchit quelques secondes avant de reprendre le plein contrôle de son cerveau. La solution était évidente, cet appartement était gigantesque, et il y avait des endroits où personne ne pourrait le voir, sa nature de Sasquatch ferait le reste. Traversant quelques couloirs au hasard jusqu'à une pièce sans fenêtre,  disparut dans l'obscurité.

Le reste de la nuit avait été d'une longueur interminable. Assis sur la même chaise qu'avant tout ceci, il semblait que tout n'avait été qu'un rêve. Dans l'exacte même posture qu'avant les bruits de pas de l'autre côté de la porte, tout ce qui faisait dire à Terry qu'il avait véritablement vécu ces moments, c'étaient les deux marques sur son menton, et le fait qu'il avait oublié son chapeau sur une table basse. Et pour être honnête, l'absence de son couvre-chef le perturbait bien plus que de raison ! Fixant à nouveau la décoration de l'appartement de son employeur, il n'avait pour seul fond sonore que les gémissements et toutes sortes de sons produits par les ébats de son employeur avec Hanja. Tentant de se soustraire à ce concert dont il n'appréciait que peu la tonalité, il s'immergea dans les souvenirs de cette conversation avec l'énigmatique jeune femme. Il tentait de comprendre tout ce qui avait pu lui échapper, d'appréhender tous les points qu'il avait pu considérer flous, et surtout, d'envisager jusqu'à quel point cette rencontre l'avait troublé. Cette question resta en suspend jusqu'à ce que l'absence de bruit de fond ne lui fasse ouvrir les yeux après qu'il les eut gardé fermés un peu trop longtemps. S'était-il endormi ? Il espérait que non, et l'inclinaison de son dos sur sa chaise l'encourageait dans l'hypothèse d'une très courte absence plutôt que d'un sommeil beaucoup trop prolongé. Cette courte absence, cependant, était absolument inacceptable, surtout qu'il n'y avait plus aucun bruit provenant de la chambre ! Regardant une horloge murale à proximité, il s'avisa que l'aube se lèverait bientôt, la deuxième partie de son travail allait bientôt commencer, et il ne savait pas s'il devait s'en réjouir ou le craindre.

Entendant des bruits de pas venant dans sa direction, il se leva afin d'accueillir son patron dans une posture convenable. À peine fut-il dressé sur ses deux jambes qu'Evan apparaissait devant lui. Le regard fatigué, mais toujours chargé d'une étincelle de reproche à son égard.

-Tu vas devoir raccompagner Madame, je ne veux pas qu'elle ait une égratignure ou qu'elle ait à se plaindre de ton escorte, compris ? Dit-il d'un ton qui trahissait à la fois une grande fatigue mais aussi une certaine animosité.

-Bien Monsieur. S'était contenté de répondre le Sasquatch. S'il se fiait à ce qu'avait dit la jeune femme cette humeur massacrante ne durerait pas, et il l'espérait vraiment, car s'il n'était pas du genre à se rebiffer contre ses employeurs, il devait admettre que le manque de respect n'était pas une vertu à laquelle il s'attachait.

-Bien bien...Tu repasseras ce soir, pour ton paiement. Allez, va ! Et passez par la porte de derrière, elle ne doit surtout pas être aperçue.

-Il en sera fait selon vos instructions. Bonne journée à vous Monsieur, et à ce soir.

Des instructions qu'Hanja lui avait en fait déjà données, mais il se garda bien de le dire à Evan. Saluant de la tête, il se dirigea vers la salle où devait se trouver la jeune femme et, en premier lieu, récupéra son chapeau qu'il garda cette fois dans la main gauche. C'était peut-être traître d'un fétichisme stupide, mais Terry tenait à son chapeau, sans vraiment savoir pourquoi. Ceci fait, il se tourna vers Hanja et lui donna simplement le bras. Evan les observait, par conséquent il ne pouvait se permettre aucune familiarité excessive. Ce fut donc d'un ton parfaitement professionnel et cordial qu'il s'adressa à la jeune femme.

-Madame, si vous voulez bien me suivre...

La porte de derrière, il savait ou c'était, par conséquent il put mener le pas jusque là. Celle-ci passée, il jeta consciencieusement des regards à droite et à gauche à chaque intersection afin d'être sûr que personne ne les voyait. L'adage disait que les murs avaient des oreilles et les portes des yeux, et ce n'était nulle part aussi vrai qu'aux Woodlands. Gardant le silence tant qu'il conduisait sa protégée à l'intérieur du bâtiment, qu'il connaissait par cœur à force d'y faire des allers-retours pour des raisons absurdes, le Sasquatch s'évertuait à garder un pas constant mais relativement lent, car il se doutait que la jeune femme devait être épuisée après une nuit entière de travail. Ce ne fut que lorsqu'ils furent dehors qu'il se permit de parler.

-Je vous proposerais bien de vous porter, mais je crains que ce ne soit pas très discret...De plus, il vous faut mener le pas à présent, car je ne sais pas où je dois vous conduire.

Il vissa son chapeau sur sa tête – afin de se donner un air plus intimidant aux yeux des éventuels passants, qui regarderaient ailleurs plutôt que de croiser le regard d'un colosse ainsi accoutré – et, après une analyse circulaire des environs qui ne donna rien, il planta à nouveau ses yeux dans le regard de la demoiselle, l'invitant ainsi à lui indiquer la direction, sans pour autant lui retirer le soutien de son bras sur lequel s'appuyer.

-Vous allez bien?

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MessageSujet: Re: A sa botte ft. Terry Lun 23 Fév - 20:59



L'impulsivité de Kumiho la perdrait certainement un jour.
Mais était-ce si mal de s'amuser un peu, pendant qu'Evan réglait ses affaires ? Jouer, se dévoiler pour ne montrer qu'une once de sa véritable nature, ses humeurs tranchantes comme les canines qui avaient pointés un instant.
Encore et encore, pour voir jusqu'au cela pousserait ce cher Terry... et elle-même par la même occasion, car la renarde était bien consciente qu'elle jouait avec le feu.

Non.
Et Evan, qui la fixait d'un froncement de sourcils le comprendrait.
Kumiho était libre.
Du moins, c'est ce qu'elle faisait croire... parce qu'une part d'elle avait bien conscience qu'à partir du moment où les doigts du Fable se posaient sur elle, la maquerelle ne s'appartenait plus. Se vendre lui volait cette liberté factice qu'elle crachait à la gueule de chacun.
Vicieuse, sinueuse petite pensée que l'asiatique chassa d'un soupir discret, avant de sourire. Evan n'était pas en colère. Juste un brin possessif, même envers ce qui ne lui appartenait pas. Si les prunelles de l'homme la fusillaient, le sourire qui pointait aux coins de ses lèvres disaient le contraire.

"- Alors, comme ça, il a le droit à voir une part de la kitsune alors que je n'y ai pratiquement jamais droit... ? "
" - Qui te dit que cela ne fait pas partie du jeu ?..."

En quelques secondes, il n'y avait plus qu'un souffle de distance entre les deux Fables, et Kumiho savait parfaitement faire céder son client. Elle le connaissait depuis des décennies, et malgré un ton rude, malgré le contrat, il existait une connivence entre eux deux.
Un murmure impérieux, et les queues couleur lune réapparurent, de même que les griffes, alors que l'apparence d'Evan changeait progressivement, révélant quelques petits détails d'une nature tout aussi étrange.
Tout ceci lui couterait un petit supplément, mais l'homme aimait sentir que la Renarde ne faisait pas les choses de la même manière qu'avec les autres...
Désir puéril, que tous ses clients avaient. Soit.


Le combat langoureux qui se déroulait dans la chambre dura un peu plus d'une heure, entre soupirs, cris et grondement sourd.
Plus tard, les doigts d'Evan s'attardèrent sur le dos de Kumiho, retraçant le chemin de sa colonne vertébrale avant de se pencher vers un petit meuble et d'en sortir une enveloppe.
En silence, comme toujours.
La silhouette de son client s'effaçant pour prévenir Terry, la kitsune fit craquer une de ses vertèbres, avant de se lever, se rhabiller rapidement et fourrer son dû dans une des poches de son manteau.
Passer de nouveau à une apparence humaine lui demandait encore un petit effort, même si le Charme faisait la moitié du boulot.

La silhouette de Terry, et l'ombre d'Evan apparurent bientôt dans le vestibule. Avec un sourire insolent, Hanja prit le bras du garde du corps, cachant derrière cette mimique enjouée une petite gêne.
A quand remontait la dernière fois où on l'avait conduite de cette manière, sans que cela fasse partie d'un jeu prédéfini d'avance ?
Mais elle garda ses pensées pour elle-même et hocha la tête, suivant le colosse noiraud la guider au travers du dédale - au final assez simple - des Woodlands.

Quelques instants plus tard, l'air nocturne agressait le visage de la Renarde et elle glissa son écharpe jusqu'à son nez, ses yeux noirs perçant la nuit d'une lueur étrange sous le lampadaire.

" - C'est surtout vous que cela gênerait, avouez... Mais ça va, j'ai l'habitude. Il faut suivre l'artère principale et passer par la deuxième ruelle à gauche. "

Un autre sourire, et même si elle s'appuyait sur le bras de Terry - toute aide était bienvenue, Kumiho prit les devants, le souffle un peu plus rapide qu'à l'habitude.
La kitsune était une maitresse d'illusions, et maitrisait bien son don de métamorphe, mais passer d'une apparence à une autre successivement lui avait demandé plus d'énergie.
Un silence s'installa, comme si elle n'avait pas entendu la question, mais la maquerelle finit par fixer quelques secondes ses prunelles d'encre dans celle de l'homme.

"- Ça va... Et vous ? je me doute que ce n'est pas le job le plus plaisant du monde cette nuit... Et Evan n'est pas le meilleur boss que l'on peut avoir. Il n'est pas méchant, juste... prodigieusement agaçant et caractériel. "

Le clin d'œil et le sourire qui suivirent cet avis plutôt tranché sur le Fable se voulaient rassurant.
Oh,ça non. Evan était un petit joueur en matière de despote... une seconde l'ombre du Crooked Man se rappela, malicieuse aux bons souvenirs de la jeune femme.

L'obscurité de la ruelle les avala bientôt, mais Kumiho aurait pu s'orienter les yeux fermés, malgré la puanteur qui se dégageait de toutes ses odeurs et habitudes mundies.
Elle laissa un léger silence s'installer, indiquant la direction suivante d'un signe de tête. Ils suivaient un dédale de ruelles toutes aussi sombres les unes que les autres, mais jamais la même trajectoire.
La kitsune avait appris à se dissimuler aux meilleurs pisteurs.
Du moins, pas aussi bons que cet empaffé de shérif.

Sa bouche s'ouvrit pour taquiner Terry, mais soudain tout son corps se figea, ses doigts crispés presque inconsciemment sur le bras du Sasquach, lui intimant impérieusement d'arrêter tout mouvement.

"- Vous avez entendu ?"

Un sifflement, soufflement étrange lui était parvenu.

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MessageSujet: Re: A sa botte ft. Terry Ven 10 Avr - 16:46

L'air nocturne était frais et revigorant, contrastant totalement avec l'atmosphère de la demeure d'Evan où plusieurs heures venaient de s'écouler lourdement. Un vent vivifiant fouettait le visage du Sasquatch, et il l'accueillait avec reconnaissance, ses idées resteraient ainsi en place : aussi loin qu'il se souvienne, il avait toujours apprécié la brise, sans savoir pourquoi.
La remarque d'Hanja lui arracha un sourire teinté d'une certaine timidité qu'il masqua de son mieux. Effectivement, s'il en aurait eu la force, il n'aurait probablement pas eu le cran de soulever la jeune femme dans ses bras et de la porter à travers les rues. Soucieux, il hocha simplement la tête, gardant ce sourire niais au visage quelques secondes pour toute réponse, et souffla un
  C'est vrai entre ses lèvres.
Il la suivit ensuite, restant constamment à sa hauteur afin qu'elle puisse s'appuyer sur lui si ses jambes lui faisaient défaut, et suivant consciencieusement ses mouvements afin de ne pas la tirer en arrière lors d'un virage qu'il n'aurait pas anticipé. L'agent de sécurité connaissait bien le langage corporel dans les domaines du mouvement et, surtout, du combat. C'était un atout dans le métier, savoir ce que quelqu'un va faire, anticiper ses gestes, et réagir assez vite. En l’occurrence, il s'évertuait à anticiper les virages de la jeune femme qu'il escortait afin de les suivre à la perfection, l'escorte ne devait en aucun cas être un poids pour son protégé, c'était une règle d'or, et Terry l'appliquait à la lettre, comme presque toutes les règles...

Alors qu'il se disait qu'elle ne répondrait pas à sa question – encore la question penaude et stupide qui lui avait valu une douce réprimande quelques heures auparavant –, le regard mystificateur de la jeune femme se planta dans le sien. Bloquant inconsciemment sa respiration le temps d'une courte seconde, il parvint à garder le rythme malgré la soudaineté de ce contact visuel. Il marcha tandis qu'Hanja répondait à sa question...Et plus. Le contraste entre ses propos et son clin d’œil souriant amusèrent Terry, qui sentait la gène du contact physique permanent se réduire peu à peu. Ce n'était pas la première fois qu'il escortait quelqu'un bras dessus bras dessous, mais la première fois que cette personne était aussi...Particulière. La concentration requise pour suivre les mouvements de la jeune femme et les mouvements qui les entouraient dans la nuit l'empêchait de trop penser à ce qu'il avait vu d'elle auparavant, mais il ne l'oubliait pas pour autant...


-J'irai mieux quand vous serez en sécurité. Dit-il franchement, captant un mouvement sur sa droite, dans les ombres d'une ruelle qu'ils dépassaient. Me croirez-vous si je vous dit que ce n'est pas le pire travail que j'aie eu à faire ? Cependant, ce n'est pas grâce à Evan...

Il se mordit l'intérieur des joues...Trop tard. Il baissa la tête afin que son chapeau masque son embarras, il en avait encore trop dit, car le sous-entendu n'était définitivement pas difficile à  percevoir. Fermant les yeux pour échapper à un éventuel regard appuyé, il se redressa juste à temps pour voir une silhouette disparaître sur sa gauche, sans un bruit. Il tenta de mettre son odorat à profit en reniflant, mais la senteur parfumée de sa protégée bloquait les odeurs avoisinantes pour son nez qui n'était, au final, pas si développé qu'il l'aurait souhaité. Il se contenta donc de suivre la jeune femme, attentif à ces mouvements qu'il avait capté, sans en entendre de sons, ils étaient suivis, c'était certain, et ça l'énervait de ne pas avoir repéré leurs poursuivants.

Hanja semblait également avoir remarqué leur présence, puisque les chemins qu'ils empruntaient ne suivaient pas de logique particulière, ou peut-être était-ce une habitude ? En tout cas, il salua silencieusement cette précaution, ils mettraient plus de temps à arriver à destination, où qu'elle soit, mais au moins d'éventuels traqueurs auraient plus de mal à les suivre.
Soudain, Terry sentit une pression sur son bras et s'arrêta net. La question d'Hanja se répercuta dans son cerveau avant qu'il ne se rende compte qu'elle avait réellement parlé. Il n'avait rien entendu, mais perçu un nouveau mouvement, plus proche cette fois, à la périphérie de son champ de vision. Immobiles au milieu d'une ruelle étroite où deux voies s'offraient à eux, Terry se rendit compte qu'ils étaient en très mauvaise position si leurs poursuivants venaient à les cerner ici.


-Non, mais j'ai vu, nous sommes suivis...Et il va falloir nous en débarrasser.

Avisant un panneau sur le côté d'une ruelle, il identifia l'endroit où ils se trouvaient, il était déjà passé par là pour disparaître aux yeux du monde quelques instants, se fondre dans les ombres : c'était un cul de sac, l'endroit parfait pour ce qu'il avait en tête.
Il fixa Hanja dans les yeux, et pour la première fois, il avait son vrai regard, ou du moins le qualifiait-il ainsi, ce regard protecteur et sérieux, ni timide, ni perdu, ni embrumé, un regard d'acier, rassurant, une promesse de sécurité.


-Suivez moi je vous prie, je prend les choses en main pour quelques instants, si vous le permettez.

Il reprit la marche, soucieux de ne pas brusquer sa protégée, et se dirigea vers ce cul de sac qu'il connaissait de mémoire. Il n'entendait toujours pas ceux qui les suivaient, et il ne les voyait plus non plus, mais il savait qu'ils étaient là, camouflés dans l'obscurité, à les observer. Ils savaient qu'ils étaient repérés, mais ils n'étaient pas encore prêts, il leur aurait fallu quelques secondes de plus, que le Sasquatch ne serait pas disposé à leur donner.
Tournant dans ce cul de sac, il fut rassuré de constaté que personne ne les y attendait, il s'avança de quelques pas et fit demi tour, personne n'était encore à l'entrée de la ruelle, mais ils ne tarderaient pas. Prenant son chapeau, il le tendit à Hanja avec un demi-sourire : l'adrénaline le faisait reprendre ses moyens.


-Mettez ça, il est probablement trop grand, mais ainsi personne ne vous reconnaîtra. Je m'occupe de tout aussi vite que possible, je vous le promet.

Quelques secondes plus tard, les silhouettes se profilaient à l'entrée de la ruelle...

Terry fit trois pas et s'immobilisa devant la jeune femme, il était assez imposant pour la cacher à leurs yeux. Croisant les bras sur le torse, le dos droit, les jambes écartées et le regard haut, il fixait les personnes qui s'alignaient devant lui, certains portaient des habits déchirés, d'autres des vêtements impeccables, et un, qui restait en retrait, échappait au regard du Sasquatch, tout ce qu'il parvenait à discerner de cette dernière silhouette, c'était qu'il faisait sa taille...


-Fait pas le héros, grand gaillard, tu sais bien ce qu'on veut, alors donne le nous et tu partiras pas trop amoché si t'es gentil.

Celui qui avait parlé s'était avancé, il portait un foulard qui masquait tout en dessous de ses yeux d'un vert excentrique, il portait une haut sans manches, et un bonnet comme casque. Il faisait une bonne tête de moins que Terry, mais son ton arrogant était alimenté par le fait qu'ils étaient presque une dizaine derrière lui, une bande entière se tenait face à lui...Ce qui ne fit qu'arracher un demi-sourire au Sasquatch. Il n'aimait pas se battre, mais il savait le faire, et pour Hanja plus que pour n'importe quel employeur ou client, il se battrait.
Son sourire provoqua le roquet, faisant un signe à deux de ses camarades, les trois hommes s'avançaient vers Terry avec un air patibulaire, ils portaient tous les trois le même accoutrement au niveau du visage, un foulard et un bonnet, mais leurs vêtements étaient différents. Le premier, le roquet, n'avait rien dans les mains, tandis que les deux autres portaient des barres de fer, ce qui fit instantanément disparaître le sourire de Terry, des armes...Il détestait les armes.

La ruelle ne permettait pas aux trois personnages d'entourer le Sasquatch, cependant, ils pouvaient avancer à trois de front sans trop se gêner, et c'est ce qu'ils firent. Le roquet au centre, les deux armés sur les côtés, ils étaient en confiance, ils avaient tort.
Les deux hommes avec les barres de fer attaquèrent de façon synchronisée, l'un visant la tête du Sasquatch d'un coup latéral, l'autre ses côtes de la même façon. Il les vit armer leurs coups, viser, poser leurs appuis...
C'est là qu'il intervint, s'avançant d'un pas, il fondit sur celui qui visait sa tête. L'homme qui avait parlé s'étant reculé pour laisser de l'espace à ses camarades, il n'eut jamais le temps de réagir, un premier coup partit, frappant le visage de l'homme qui n'eut pas le temps de se protéger. Rapide, Terry balaya ses jambes et l'aida à chuter sur le côté, pile dans la trajectoire de la barre de son camarade. Le coup l'atteignit à l'épaule, mais son cri fut étouffé lorsqu'il heurta le sol avec son visage. Anticipant la suite, l'agent de sécurité frappa dans la jambe d'appui de celui qui était resté en retrait alors qu'il la posait à peine. Frappé au genou, ce dernier lutta pour rester debout lorsqu'un violent uppercut le cueillit dans sa perte d'appui, celui-ci ne se relèverait pas.
Ignorant nonchalamment celui qu'il avait mis à terre en premier lieu, il saisit le bras du seul gaillard encore debout et le tordit violemment, le forçant à lâcher son arme. Le forçant avancer de plus en plus vite alors qu'il tournait, tordant le bras de plus en plus fort, il finit par l'arrêter net dans sa course, profitant de l'effet de surprise, il lâcha le bras au lieu de s'en servir de levier, saisit la tête du pauvre homme et l'envoya directement embrasser son genou. Il s'effondra lui aussi. Le troisième homme, titubant en essayant de se relever, n'eut à son honneur qu'un coup de pied au visage qui l'envoya rejoindre ses camarades au pays des rêves. L'altercation n'avait duré que quelques secondes, et trois hommes déjà finiraient leur nuit dans cette ruelle.

Terry se retourna vers Hanja, et lui un sourire contrastant avec la violence dont il venait de faire preuve. Il avait été efficace, simplement. Retenant ses coups afin de ne pas provoquer de dommages trop sérieux, il s'était tout de même légèrement emporté à la vue des armes, mais les trois hommes s'en sortiraient avec des os cassés ou démis, tout au plus. Le Sasquatch fit deux pas vers la jeune femme, gardant ce sourire sûr de lui aux lèvres, la fixant le temps qu'il se remettait en position. Ce n'était pas un jeu, mais il se faisait un devoir de la rassurer, et, au fond de lui, il voulait lui montrer que ce serment qu'il avait fait n'était pas que du vent. Il ne craignait pas pour sa vie, et il la protégerait.
Lorsqu'il se retourna vers les criminels, il reprit exactement la même posture, les bras croisés et les jambes écartées, il les fixait avec le même air que précédemment, un air de défi et de réprobation. Trois de leurs collègues venaient de s'essayer à lui chercher querelle, et le résultat gisait sous leurs yeux. Tournant le dos à Hanja, il était tiraillé entre la volonté de mettre un terme à ce combat et le désir puéril de montrer encore sa force à Hanja. C'était la première fois qu'il expérimentait ce désir de violence, cet instinct primal, il n'avait jamais ressenti ça auparavant...Du moins, pas à sa souvenance...


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A sa botte ft. Terry

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